PHILOS. ET POLITIQUE. 2F7
jours que ce ne pouvoit être autre chose que!cs marchandises qu’il avoìt été permis d’ac-quérir. Ainsi se vuidoient & se répandoientles pius grosses cargaisons.
La Cour de Madrid se flatta de mettre fin àce désordre , en défendant l’admiíïïon des bâ-tirnens étrangers dans ses ports, fous quelqueprétexte que ce pût être. Mais , les Jamaï-cains, appellant la force au secours de l’arti-fice, le firent protéger dans la continuation dece commerce par les vaisseaux de guerre An-gíois , dont le Capitaine recevoit cinq pourcent, fur tous les objets de la fraude qu’il au-torisoit entre les sujets , contre le traité desCouronnes f tant il est inutile aux Rois de faireentr’eux des pactes, qui ne conviennent pas àrintérêt réciproque des nations !
Cependant, à cette violation éclatante &manifeste du droit public, en a succédé uneplus sourde & moins menaçante. Les naviresexpédiés de la Jamaïque, fe rendent aux radesde la côte Espagnole les moins fréquentées ;mais sur-tout a deux ports également déserts,celui de Brew à cinq milles de Carthagène,& celui de Grout à quatre milles de Porto-Belo. Un homme qui fait la langue du pays,est mis promptement k terre, pour avertir lescontrées voisines de l’arrivée des vaisseaux. Lanouvelle se répand de proche en proche, avec