HISTOIRE
592
re, qu’ils introduisent dans la Grande-Bfeth-gne, comme sortant de leurs plantations. Cetrafic frauduleux peut s’élever annuellement à1,200,000 liv.
On ne peut regarder comme entièrement per-due la dépense que fait à cette occasion le Gou-vernement, puisque la nation en profite. Maiselle entretient cette méfiance, & l’on peut di-re cette friponnerie , que l’efprit de finance afait naître dans la plupart de nos Gouverne-mens , entre l’Ëtat & les sujets. Depuis quele Prince rí’a cessé d’imaginer des moyens poursurprendre de l’argent ; le peuple cherche desruses pour fe soustraire ii Pinjustice des taxes,ou pour excroquer l’argent du Prince. Dèsqu’il n’y a point eu de modération dans la dé-pense , de bornes dans l’imposition, d’équitédans la répartition , de douceur dans le recou-vrement ; il n’y a plus eu de scrupules fur laviolation des loix pécuniaires, de bonne-foidans le payement des impôts , de franchisedans les engagemens du citoyen avec le Gou-vernement. Oppression d’un côte, pillage del’autre ; la ■ finance poursuit le commerce : &le commerce élude ou trompe la finance. Lefisc rançonne le cultivateur , & le cultivateuren impose au fisc par de fausses déclarations.O11 tourmente le colon par des impôts, descorvées, des milices: & le colon rejette ce tri-