H I 3 T O I R E
§5<-
■cher ce pays, de tout tems inculte, n’avoientaucun doute fur le titre de leur propriété. Ilsla tenoient des habitans originaires, qui peut-ítre avoient pû disposer d’un terrein que la..nature leur avoit donné. Quelle fut leur sur-prise , lorsqu’on leur annonça que la Grandc-Bretagne ; qui n’avoit traité ni avec eux, niavec les Caraïbes,, se croyoit, d’après des prin-.cipes reçus en Europe, autorisée à les dépouil-ler, à moiiïs qu'ils ne rachetâssent des champsqu’ils avoient arrosés d.e leurs sueurs ? En vainse récrièrent-ils contre une oppression fi con-traire à l’ordre naturel, & même au droit desnations. Leurs plaintes ne furent pas écou-tées. Les Chefs de la colonie n’ôferent suspen-dre les ordres de la métropole, qui avoit pré-sent indistinctement la vente de toutes les ter-res. Le Parlement se proposoit de suppléerpar ce foible moyen, au vuide que les fraisde la guerre avoient laissé dans le fisc de la na-tion. Mais ce but ne fut pas rempli. De vai-nes formalités absorbèrent presque 1,575,000liv. que produisirent les concessions qu’on fitdans les trois isles appelíées neutres. Quandmême l’axiome des Européens, cet axiome faux& barbare, qui veut que les terres habitéespar les sauvages, soient censées vacantes , eûtpû être rejetté des Anglois, qui en avoientabusé si souvent pour usurper., à l’exemple des