PERSANES.
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d‘appartemens en appartemens , te cherchant tou-jours , & ne te trouvant jamais ; mais rencontrantpar-tout un cruel souvenir de ma félicité pasiée : tan-tôt je me voyois en ce lieu, où pour la première foisde ma vie je te reçus dans mes bras : tantôt danscelui , où tu décidas cette fameuse querelle entretes femmes : chacune de nous fe prétendent supé-rieure aux autres en beauté : nous nous présentâmesdevant toi, aprés avoir épuisé tout ce que l'imagina-tion peut fournir de parures, & d’ornemens : tu visavec plaisir les miracles de nôtre art : tu admiras jus-ques où nous avoit emporté f ardeur de te pltzire :mais tu fis bien-tôt cédeij ces charmes empruntés ades grâces plus naturelles : tu détruisis tout jnôtreouvrage : il fallut nous dépouiller de ces orneijiens ,qui f étoient devenus incommodes : il fallut p^roître -à ta vue dans la simplicité de la nature :! Je cómptaipour rien la pudeur ; Je ne pensai qu’à ma gloire.Heureux Usbek , que de charmes furent étalés à tesyeux ! nous te vîmes long-tems errer d’enchanjemenîen enchantemens : ton ame incertaine demeuré long-tems fans fe fixer : chaque grâce nouvelle te <|emaiw'doit un tribut : nous fumes en un ntoment j toutescouvertes de tes baisers : tu portas tes qtiricux regardsdans les lieux les plus secrets : tu nous fis paífer enun instant dans mille situations différentes : t> >íijoursde nouveaux commandemens ? Óc íîne ob •isiancetoujours nouvelle. Je te 1 avoue , Ljsbek ; t ne paíVsion encore plus vive, que f ambition , me ît sou-haiter de te plaire. Je me vis insensiblement -devenirla maîtresse de ton cœur: tu me pri^ ; tu mequittás;tu revîns à moi, & je fçûs te retenir : le triomphe
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