PRELIMINAIRE. xv
non plus que de version des Septante. Il faut y employerune ancre maniéré de compter. Quoique j'en aye parlésuccinctement dans le douzième Chapitre de la Méthodepour étudier l’Histoire & dans le dixième Discours du sup-plément, je dois faire connoître néanmoins qu’on trou-vera un détail plus circonstancié dans la Mythologie deM. l’Abbé B a n i e r , qui a eu foin de faire connoîtreavec beaucoup de sçavoir & de recherches ce que l’Hi-stoire fabuleuse de ces premiers hommes contient de réa-lité. II est fâcheux que M. Rollin n’ait pas traité cette par-tie qui auroit donné beaucoup de jour à son Histoire an-cienne, en faisant voir l’origine des Grecs , dont il avoitentrepris de donner une Histoire entière en notre lan-gue ; c’est un des défauts de son ouvrage, il est vrai qu’ilauroit fallu y employer des difcuífions , qu’il n’a pas jugéà propos de mettre en œuvre : heureusement on y peutsuppléer par les ouvrages que je viens de citer..
Le caractère des Rois d’Egpyte dégénéré alors de ce-lui de leurs ancêtres : d’équitables & de blenfaisansqu’ils étoient au temps de leurs peres , ils deviennentingrats & persécuteurs ; & leur ingratitude va même jusqu’à vouloir annéantir un peuple , qui les avoit sauvé deleur dernière perte , & qui continuoit à leur être utile ;mais la punition suivra de près le crime & fera périr lecriminel. C’est même par-la que se termine le troisièmeâge du monde, l’Histoire Sainte est la feule qui nousprésente cette exemplaire & terrible révolution. En vainl’Historien Josephe en veut énerver le merveilleux , onsent par les adouciísemens condamnables qu’il apportecombien il cherche à plaire aux ennemis de fa nation &de fa Religion , aux dépens mêmes de fa conscience & desos propres lumières,qui lui faisoient connoître que toutIsraël passe à pied sec au travers de la mer rouge dontles eaux su/pendues des deux côtés leur ouvre le cheminde la liberté, après laquelle il soupiroit depuis û long-temps.
Çiîfâ?