Ixxiv DISCOURS
Reine ; ou le peut faire aisément par le secours des mé-moires de Mclvil Sc de Walfingham. A peine Jacques I.a mérité d’avoir un Historien particulier : mais CharlesI. son fils Sc son succeiseur a été l'objet le plus fatal & leplus triste des plus fâcheuses révolutions. Dans quel Etatpolicé voit-on un Roy finir malheureusement sa vie furun échaffaut. Loué des uns Sc blâmé des autres , il a étéle sujet d’un déluge d écrits, qui lui étoient favorablesou contraires , selon le parti que leurs Auteurs avoientembrafle. Toutes ces révolutions ont été sagement dé-crites par le Comte de Clarendon , Grand Chancelierd’Angíeterre. II faut regarder son Ouvrage comme lespièces d’un procès par écrit, dont tout lecteur a droitd’être le juge , & l’on peut dire aussi qu’il a examinétous ces temps malheureux avec une connoissance en-tière des affaires & un désintéressement qui petit servir demodèle à ceux qui écrivent fur de pareils sujets. On letrouvera encore plus équitable, quand on lira les mémoi-res de Ltidlovj , zélé Républicain, qui connoît à peine lesbienséances , tant il se livre à son impétuosité. Dans quel-que infortune que tombent les Rois Sc les Princes , ilsne cessent jamais d’être respectables, il ne convient pasde les insulter; c’est ce queLudlow auroit dû même ap-prendre en Suisse , où il s’étoit retiré , de peur de vivrefous lc gouvernement d’un Roy, qui a été l’un des plusdoux de l’Angleterre. On doit joindre à ces Auteurs laVie de Cromvcel, traduite de l’Anglois en François , Scimprimée à la Haye en 171s. Je crois qu’on la doit pré-férer à celle de Gregorio Leti.
Le régne de Charles II. fut moins agité ; les malheursde celui de Charles I. lui servirent d’instruction : Jac-
I ques II. en auroit également profité , si fa Religion n’yavoir apporté un obstacle invincible de la part du peu-j pie , qui par une forte dc fanatisme aimeroit quelquefoisj mieux traiter avec un Musulman Lc un infidèle, que d’a-voir à négocier avec un Catholique. Les Seigneurs Scle Clergé supérieur ne font pas à la vérité dans ces sen-timens ; ils ont trop de lumières pour penser aussi basse-