lxxvj DISCOURS
terre seroit moins un titre , qu’une commission provi-sionelle, puisque si quelqu’un des trente ou quarantePrinces , prétcndans à la Couronne avant la branched’Hanovre, embrassoit la Religion Protestante ou Angli-cane , la Couronne lui seroit dévolue de droit ; au lieuque le Prince Protestant qui embrasseroit la Religion Ca-tholique en seroit exclu par cette seule raison. Inconvé-nient extraordinaire & fâcheux qui naît de letabliílè-ment des loix nouvelles, qu’on n’a pas toujours eu letemps de méditer, avant que de les publier. De grandshommes d’Etat fort attachés aux intérêts de l’Angleter-re , & qui en connoissent la situation , n’ont pas fait dif-ficulté d’avouer ces terribles conséquences , qui suiventd’une loi qui ne désigne pas clairement le véritable hé-ritier de la Couronne ; puisqu’un changement soit dansle Souverain Protestant qui se seroit Catholique , soitdans le prétendant Catholique qui sc seroit Protestant,changeroit tout-à-coup la loi de l’Etat dans la chose oiì ildoit le moins y avoir d’incertitude. C’est même ce qui aété reconnu par la garantie de quelques-unes des Puilfan-ces de l’Europe. Peut-être se fera-t-il un jour quelqueautre changement ; c’est à quoi l’on doit s’attendre aprèscelui de 1701.
La personne du Roy, son pouvoir , ses droits légiti-mes , ceux de son peuple, aussi-bien que la matière del'obéissance Sc de la soumission des sujets demandent en-core une étude particulière dans l’histoire d’Angleterre.Ces questions seroient odieuses partout ailleurs, où l'au-torité du Prince légitime, toujours sage, toujours confor-me au bien de ses peuples , tient lieu de loi ; mais ellesdeviennent légitimes en Angleterre , où à la vûé de tou-te !a Cour , l’on a beaucoup plus de foin de limiter lesdroits du Souverain que ceux des Peuples, parce quele Souverain étant le plus foible , est souvent obligé desuivre la loi, qui lui est imposée par ses sujets. Toutesces matières íe renouvellent de temps en temps dans cet-te nation , qui craint que son silence ne donne lieu àla prescription ; les peuples mêmes croyent qu’il est à