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des loix de Lycurgue , perdirent-ìls l’unç& l’autre de ces réputations, lorsqu aprèsla guerre du Péloponnèse, ils eurent laisTéintroduire l’or & le luxe chez eux ? Pour-quoi ces anciens Lattes, fi redoutablesaux Gaulois , n’auroient-ils plus le mêmecourage ? Pourquoi ces Juifs , fi souventdéfaits par leurs ennemis, montrerent-ils,fous la conduite des Machabées , un cou-rage digne des nations les plus belliqueu-ses ? Pourquoi les sciences & les arts,tour à tour cultivés & négligés chez diffé-rents peuples, ont-ils successivement par-couru presque tous les climats ?
Dans un dialogue de Lucien, «Ce n’est» point en Grece, dit la Philosophie, quem je íìs ma premiere demeure. Je portai» d’abord mes pas vers l’Indus ; ôc l’In-» dien, pour m’écouter, descendit hum-» blement de son éléphant. Des Indes ,» je tournai vers l’Ethiopie ; je me trans-» portai en Egypte : d’Egypte, jepaffai» à Babylone ; je m’arrêtai en Scythie ;» je revins par la Thrace. Je conversaiw avec Orphée, & Orphée m’apporta en» Grece. »
Pourquoi la philosophie a-t-elle passéde la Grece dans l’Hespérie , de l’Hespé-rie à Constantinople & dans l’Arabie ? &pourquoi, repassant d'Arabie en Italie,a-t-elle trouvé des azyles dans la France ,