Synonymes François. ix
ne manière de dire les choses pour les assurer ,& l’on prétend par-là en marquer la certitude.On emploie le serment pour affirmer , dans la vuede détruire tous les soupçons désavantageux à lasincérité. On a recours à une nouvelle preuve,ou au témoignage d’autrui, pour confirmer ; c’estun renfort qu’on oppose au doute, & dont on ap-puyé ce qu’on veut persuader.
Parler toujours d’un ton qui assure ^ c’est affec-ter l’air dogmatisant, ou montrer qu’on ignorejusqu’où la sagesse peut poulïèr le doute & la dé-fiance. Affirmer tout ce qu’on dit, c’est le moyend’insinuer aux autres qu’on ne mérite pas d’êtrecru fur fa parole. Le trop d’attention à vouloirtout confirmer , rend la conversation ennuyeuse &fatigante.
Les Demi-favans, les Pédans, & les Petits-maîtres assurent tout j ils ne parlent que par déci-sions. Les Menteurs se font une habitude de toutaffirmer ì les juremens ne leur coûtent rien. Les
f ;etis impolis veulent quelquefois confirmer , pareur témoignage, ce que des personnes fort au-dessus d’eux disent en leur présence.
Nous devons croire un fait lorsqu’un honnêfe-homme nous en assure , & que d’ailleurs il est pos-sible: mais il n’en est pas de-même d’un point deDoctrine; il est permis de contredire tout ce quin’est pas évident. Les fréquentes affirmations nefont point passer pour véridique, & font pluspropres à jetter de la défiance dans ceux qui écou-tent qu’à s’en attirer la confiance. II est de la pru-dence du Sage d’attendre la confirmation des nou-velles publiques avant que d’y ajouter foi, 8r d’ê-tre en garde contre les tricheries de la renommée.
La bonne manière défend de rien affirmer quelorsqu’on en est requis dans le cérémonial de la
Justi-