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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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égayés par ces farces de leur favori. Le voilé, qui causeavec le camarade.

Trompette, délié, ne bougeait toujours pas. Il demeu-rait sur le flanc, comme sil eut continué à sentir le filetlétreindre, garrotté par la peur. Enfin, on le mit deboutdun coup de fouet, étourdi, les membres secoués dungrand frisson. Et le père Mouque emmena les deux bêtesqui fraternisaient.

Voyons, y sommes-nous, à présent? demandaMaheu.

Il fallait débarrasser les cages, et du reste dix minutesmanquaient encore pour lheure de la remonte. Peu àpeu, les chantiers se vidaient, des mineurs revenaient detoutes les galeries. Il y avait déjà une cinquantainedhommes, mouillés et grelottants, sous les fluxions depoitrine qui soufflaient de partout. Pierron, malgré sonvisage doucereux, gifla sa fille Lydie, parce quelle avaitquitté la taille avant lheure. Zacharie pinçait sournoise-ment la Mouquette, histoire de se réchauffer. Mais le mé-contentement grandissait, Chaval et Levaque racontaientla menace de lingénieur, la berline baissée de prix, leboisage payé à part ; et des exclamations accueillaientce projet, une rébellion germait dans ce coin étroit, àprès de six cents mètres sous la terre. Bientôt, les voixne se continrent plus, ces hommes souillés de charbon,glacés par lattente, accusèrent la Compagnie de tuerau fond une moitié de ses ouvriers, et de faire creverlautre moitié de faim. Etienne écoutait, frémissant.

Dépêchons ! dépêchons ! répétait aux chargeurs leporion Richomme.

Il hâtait la manœuvre pour la remonte, ne voulantpoint sévir, faisant semblant de ne pas entendre. Cepen-dant, les murmures devenaient tels, quil fut forcé desen mêler. Derrière lui, on criait que ça ne durerait pastoujours et quun beau matin la boutique sauterait.

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