GERMINAL.
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qui avait empoigné la cage, retomba de cinquante mètreset disparut dans le bougnou.
Dansaert, cependant, tâchait de mettre de l’ordre.Armé d’une rivelaine, il menaçait d’ouvrir le crâne aupremier qui n’obéirait pas ; et il voulait les ranger à lafile, il criait que les chargeurs sortiraiënt les derniers,après avoir emballé les camarades. On ne l’écoutait pas,il avait empêché Pierron, lâche et blême, de filer undes premiers. A chaque départ, il devait l’écarter d’unegifle. Mais lui-même claquait des dents, une minute deplus, et il était englouti : tout crevait là-haut, c’était unfleuve débordé, une pluie meurtrière de charpentes.Quelques ouvriers accouraient encore, lorsque, fou depeur, il sauta dans une berline, en laissant Pierron ysauter derrière lui. La cage monta.
A ce moment, l’équipe d’Étienne et de Chaval débou-chait dans l’accrochage. Ils virent la cage dispa-raître, ils se précipitèrent; mais il leur fallut reculer,sous l’écroulement final du cuvelage : le puits sebouchait, la cage ne redescendraitpas. Catherine sanglo-tait, Chaval s’étranglait à crier des jurons. On était unevingtaine, est-ce que ces cochons de chefs les abandonne-raient ainsi? Le père Mouque, qui avait ramené Ba-taille, sans hâte, le tenait encore par la bride, tous lesdeux stupéfiés, le vieux et la bête, devant la hausserapide de l'inondation. L’eau déjà montait aux cuisses.Étienne muet, les dents serrées, souleva Catherineentre ses bras. Et les vingt hurlaient, la face en l’air, lesvingt s’entêtaient, imbéciles, à regarder le puits, ce trouéboulé qui crachait un fleuve, et d’où ne pouvait plus leurvenir aucun secours.
Au jour, Dansaert, en débarquant, aperçut Négrel quiaccourait. Madame Hennebeau, par une fatalité, l’avait,ce matin-là, au saut du lit, retenu à feuilleter des cata-logues, pour l’achat de la corbeille. Il était dix heures.