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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

Oui, il répondait de la tête, avec des regards défiants.Il refusait de sexpliquer en présence des quelques po-rions qui écoutaient, il emmena son oncle à dix mètres,ne se jugea pas assez loin, recula encore ; puis, très bas,à loreille, il lui dit enfin lattentat, les planches trouéeset sciées, la fosse saignée au cou et râlant. Devenu blême,le directeur baissait aussi la voix, dans le besoin instinctifqui fait le silence sur la monstruosité des grandes dé-bauches et des grands crimes. Il était inutile davoir lairde trembler devant les dix mille ouvriers de Montsou :plus tard, on verrait. Et tous deux continuaient à chu-choter, atterrés quun homme eût trouvé le courage dedescendre, de se pendre au milieu du vide, de risquer savie vingt fois, pour cette effroyable besogne. Ils ne com-prenaient même pas cette bravoure folle dans la destruc-tion, ils refusaient de croire malgré lévidence, commeon doute de ces histoires dévasions célèbres, de ces pri-sonniers envolés par des fenêtres, à trente mètres dusol.

Lorsque M. Hennebeau se rapprocha des porions, untic nerveux tirait son visage. Il eut un geste de déses-poir, il donna lordre dévacuer la fosse tout de suite. Cefut une sortie lugubre denterrement, un abandon muet,avec des coups dœil en arrière sur ces grands corps debriques, vides et encore debout, que rien désormais nepouvait sauver.

Et, comme le directeur et lingénieur descendaient lesderniers de la recette, la foule les accueillit de sa clameur,répétée obstinément.

Les noms I les noms ! dites les noms !

Maintenant, la Maheude était, parmi les femmes.Elle se rappelait le bruit de la nuit, sa fille et le logeuravaient partir ensemble, ils se trouvaient pour sûrau fond; et, après avoir crié que cétait bien fait, quilsméritaient dy rester, les sans-cœur, les lâches, elle