GERMINAL.
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silence, chacun collait une oreille à la houille, écoutaitsi des coups lointains ne répondaient pas. Mais on par-courut en vain toutes les galeries praticables,aucun échone venait. L’embarras avait augmenté : à quelle place en-tailler la couche ? vers qui marcher, puisque personnene paraissait être là ? On s’entêtait pourtant, on cherchait,dans l’énervement d’une anxiété croissante.
Depuis le premier jour, la Maheude arrivait le matinà Réquillart. Elle s’asseyait devant le puits, sur unepoutre, elle n’en bougeait pas jusqu’au soir. Quand unhomme ressortait, elle se levait, le questionnait desyeux : rien? non, rien! et elle se rasseyait, elle atten-dait encore, sans une parole, le visage dur et fermé.Jeanlin, lui aussi, en voyant qu’on envahissait son re-paire, avait rôdé, de l’air effaré d’une bête de proie dontle terrier va dénoncer les rapines : il songeait au petitsoldat, couché sous les roches, avec la peur qu’on n’allâttroubler ce bon sommeil; mais ce côté de la mineétait envahi par les eaux, et d’ailleurs les fouilles se di-rigeaient plus à gauche, dans la galerie ouest. D’abord,Philomène était venue également, pour accompagnerZacharie, qui faisait partie de l’équipe de recherches;puis, cela l’avait ennuyée, de prendre froid sans néces-sité ni résultat : elle restait au coron, elle traînait sesjournées de femme molle, indifférente, occupée à tousserdu matin au soir. Au contraire, Zacharie ne vivait plus,aurait mangé la terre pour retrouver sa sœur. Il criait lanuit, il la voyait, il l’entendait, toute maigrie de faim, lagorge crevée à force d’appeler au secours. Deux fois, ilavait voulu creuser sans ordre, disant que c’était là, qu’ille sentait bien. L’ingénieur ne le laissait plus descendre*et il ne s’éloignait pas de ce puits dont on le chassait, ilne pouvait même s’asseoir et attendre près de sa mère,agité d’un besoin d’agir, tournant sans relâche.
On était au troisième jour. Négrel, désespéré, avait ré-
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