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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

54i

silence, chacun collait une oreille à la houille, écoutaitsi des coups lointains ne répondaient pas. Mais on par-courut en vain toutes les galeries praticables,aucun échone venait. Lembarras avait augmenté : à quelle place en-tailler la couche ? vers qui marcher, puisque personnene paraissait être ? On sentêtait pourtant, on cherchait,dans lénervement dune anxiété croissante.

Depuis le premier jour, la Maheude arrivait le matinà Réquillart. Elle sasseyait devant le puits, sur unepoutre, elle nen bougeait pas jusquau soir. Quand unhomme ressortait, elle se levait, le questionnait desyeux : rien? non, rien! et elle se rasseyait, elle atten-dait encore, sans une parole, le visage dur et fermé.Jeanlin, lui aussi, en voyant quon envahissait son re-paire, avait rôdé, de lair effaré dune bête de proie dontle terrier va dénoncer les rapines : il songeait au petitsoldat, couché sous les roches, avec la peur quon nallâttroubler ce bon sommeil; mais ce côté de la mineétait envahi par les eaux, et dailleurs les fouilles se di-rigeaient plus à gauche, dans la galerie ouest. Dabord,Philomène était venue également, pour accompagnerZacharie, qui faisait partie de léquipe de recherches;puis, cela lavait ennuyée, de prendre froid sans néces-sité ni résultat : elle restait au coron, elle traînait sesjournées de femme molle, indifférente, occupée à tousserdu matin au soir. Au contraire, Zacharie ne vivait plus,aurait mangé la terre pour retrouver sa sœur. Il criait lanuit, il la voyait, il lentendait, toute maigrie de faim, lagorge crevée à force dappeler au secours. Deux fois, ilavait voulu creuser sans ordre, disant que cétait, quille sentait bien. Lingénieur ne le laissait plus descendre*et il ne séloignait pas de ce puits dont on le chassait, ilne pouvait même sasseoir et attendre près de sa mère,agité dun besoin dagir, tournant sans relâche.

On était au troisième jour. Négrel, désespéré, avait-

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