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Germinal / par Émile Zola
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LES nOUGON-MACQUA.RT.

et les deux camarades, partis avec lui, étaient même res-tés en chemin, la tête fendue. Lui, blessé au coude, avaiteu le courage de retourner sur les genoux prendre leurslampes et les fouiller, pour voler leurs tartines. Commeil séchappait, un dernier effondrement, derrière sondos, avait bouché la galerie.

Tout de suite, il se jura de ne point partager ses pro-visions avec ces gens qui sortaient de terre. Il les auraitassommés. Puis, il les reconnut à son tour, et sa colèretomba, il se mit à rire, dun rire de joie mauvaise.

Ah! cest toi, Catherine! Tu tes cassé le nez, et tuas voulu rejoindre ton homme. Bon ! bon! nous allons ladanser ensemble.

Il affectait de ne pas voir Etienne. Ce dernier, boule-versé de la rencontre, avait eu un geste pour protéger lalierscheuse, qui se serrait contre lui. Pourtant, il fallaitbien accepter la situation. Il demanda simplement au ca-marade, comme sils sétaient quittés bons amis, uneheure plus tôt :

As-tu regardé au fond? On ne peut donc passer parles tailles?

Chaval ricanait toujours.

Ah! ouiche! parles tailles! Elles se sont ébouléesaussi, nous sommes entre deux murs, une vraie souri-cière... Mais tu peux ten retourner par le plan, si tu esun bon plongeur.

En effet, leau montait, on lentendait clapoter. La re-traite se trouvait coupée déjà. Et il avait raison, cétaitune souricière, un bout de galerie que des affaissementsconsidérables obstruaient en arrière et en avant. Pas uneissue, tous trois étaient murés.

Alors, tu restes? ajouta Chaval goguenard. Va,cestce que tu feras de mieux, et si tu me fiches la paix, moije ne te parlerai seulement pas. Il y a encore ici de laplace pour deux hommes... Nous verrons bientôt lequel