GERMINAL.
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Et, sous ses pieds, les coups profonds, les coups obsti-nés des rivelaines continuaient. Les camarades étaienttous là, il les entendait le suivre à chaque enjambée.N’était-ce pas la Maheude, sous cette pièce de betteraves,l’échine cassée, dont le souffle montait si rauque, accom-pagné par le ronflement du ventilateur? A gauche, àdroite, plus loin, il croyait en reconnaître d’autres, sousles blés, les haies vives, les jeunes arbres. Maintenant,en plein ciel, le soleil d’avril rayonnait dans sa gloire,échauffant la terre qui enfantait. Du flanc nourricier jail-lissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes,les champs tressaillaient de la poussée des herbes. Detoutes parts, des graines se gonflaient, s’allongeaient,gerçaient la plaine, travaillées d’un besoin de chaleur etde lumière. Un débordement de sève coulait avec des voixchuchotantes, le bruit des germes s’épandait en un.grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinc-tement, comme s’ils se fussent rapprochés du sol, lescamarades tapaient. Aux rayons enflammés de l’astre,par cette matinée de jeunesse, c’était de celle rumeurque la campagne était grosse. Des hommes poussaient,une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dansles sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur,et dont la germination allait faire bientôt éclater laterre.