MOEÜRS, VOYAGES ET VOYAGEURS 7
minable a etouffee, reduite ä une Situation a ia fois op-pressive et opprimee; l’iniquite humaine cst fecondeen miseres.
Une des plus helles auberges de Podolye, celle deMiedjibozh, offre un tableau israelitc, tout ä faitdignede Rembrandt (1).
C'etait la meilleure auberge du lieu. Elle contenaittrois appartements, c’est-ä-dire, un hangar, un corri-dor, une salle. Le hangar etait ouvertaux deux extre-mites par une porte cocbere; on y empilait le foin; lesvoitures y etaient remisses; les chevaux s’y trouvaientabrites. Le corridor, parallele d cette ecurie si bienemployee, se subdivisait en cellules, tapissees de foinet pleines d’israelites endormis. Du corridor on passaildans la salle qui etait le bei appartement, le salon, lelieu de reception solenneile. Dans un coins’elevait lepo&le en terre, gigantesque monument; sur ce poele,une jonchee de doraestiques; pres du poele, des ri-deaux que la raalpropretä accumulee rendait solides,que l’aspect, l’odeur et la population rendaient insup-portables; sous ces rideaux, les lits des maitres. aussircvoltants que l’abri qui les couvrait; tout ä cöte, lesberceaux des enfants suspendus comme des hamacs.Une grosse lampe de synagogue, en cuivre rouge, eclai-rait ce campement; deux banquettes de bois aupresd’une table, recouvertes de foin, servaient de lit auxvoyageurs. Les enfants criaient; les peres ronflaient; lalampe enfumee melait sa saveur infecte ä toutesles di-versites de mauvaises odeurs qui se confondaient dansle miserable repaire. Seulement, il y avait aussi dans
fl) Voyugcs dt! M. Pcllmigcr.