HISTOIRE DE LA CUilCATCRE EN EUROI’E CI
Le tribut qu’elle demaude ä la gloire n’empeche pascette derniere d’etre legitime ou eclatante. Elle mar-che, comme l’esclave antique, derriere !e triompha-teur, et son principal röle est de siffler.
Si l’on voulait ecrire cx professo sur la caricature,on pourrait en faire trois classcs : caricature des opi-nions, caricature des mceurs et caricature des person-nes. Subdivision plus arbitraire que reelle. En faced’opinious sinceres, qu’est-ce qu’une plaisanterie? quopeut signifier la meilleure epigramme devant un argu-ment logique? quelle sera la valeur d’une ironie? Engeneral, c’est aux depens de la verite que le mensongerit. Nous vivons dans un monde oü les fous se moquentdes sages, et oü les doctrines les meilleures sont rail-lees par les prejuges et les sotlises. La satire peinten’a donc pas plus de valeur, en fait d’opinions et dedoctrines, que la satire ecrite; l’une et l’autre peuvent6tre brillantes, energiques et ne rien prouver. Neredoutons pas la caricature; l’homme qui en auraitpeur ressemblerait ä cette servante que l’on envoyaitprevenir un convive qu’on 1’attendait pour diuer. Elletrouva ce monsieur occupe ä soigner, au moyen d’unebrosse, la proprete de ses dents. — « II ne lardera pasä venir, s’ecria-t-elle, je l’ai vu occupe ä s’aiguiserles dents. » — II ne faut pas tomber dans cette erreurni voir dans les expressions les plus vives de la cari-cature une intention hostile et devorante, une attaqueaftamde.
Le grand caricaturiste anglais, Georges Cruiks-hank, a use et meine abuse de toutes les especes decaricatures; souvent il l’a ravaleo jusqu’ä l’elat de ca-
lembour. La frivolite superlicielle de son epigramme
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