VIII
PRfiFAGE.
qualite vraiment precieuse de cette artistique racefrangaise, oü le goüt, sinon l’amour du beau, est sirepandu, je n’ai jamais plus aime notre art frangaiscontemporain, si remärquable malgre ses defaillan-ces,qu’en parcourant cesgaleries du Salon berlinois,oü les couleurs criardes, les compositions etranges,les paysages improbables, produisaient sur mes nerfsde Welche l’effel discordant des cornets ä bouquin,un jour de carnaval. Et je songeais a ce Salon de1872, si interessant, si curieux, que j’avais etudie äParis quelques mois auparavant. « Sur ma foi, medisais-je, pauvre France, il est encore des coinsoü tu demeures invincible, et la lourde main deces manieurs de fusils Dreyse ne saurait ramas-ser le pinceau d’un Delacroix ou la plume d’unMüsset. »
Vu de loin, l’art contemporain produit ainsil’effet
d’une manifestation eclatante de talents divers. Vu
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du fond d’un Salon de Berlin, il semble dejäquelquechose comme une parcelle de cette revanehe dontil ne faut pas faire si grand bruit, mais qu’il fautleguer, plus complete et plus süre, ä l’avenir. Vu depres, il gardeassez de reelsmerites et de solides qua-lites pour qu’on parle avec orgueil de cette supröma-tie victorieuse : l’Art frangais. Il y a toujours, il yaura longtemps en effet un art particulier, remarqua-ble, bien vivant, bien national, bref un art frangais,comme au temps oü les Gericault, les Ingres, les De-camps, les Marilhat, les Delacroix luttaient encore.
Peut-etre est-il interessant, avant d’aller plus loin,de montrer comment ce goüt tout particulier des