PRltFACE. XVII
ordre demerite, le premier des salonniers. Nous avonsvu tout a l’heure Florent le Comte publier une sortede compte rendu de l’Exposition de 1699.
Un autre critique peu connu, mais que je tiens äsignaler ä l’attention, de la Font de Saint Yenne, quiavait ete dessinateur pour les manufactures de Tourset de Lyon, a precede Diderot dans sa critique desexpositions de peintures. En 1747, il publia des Lettressur l’etat de la peinture en France et des r^flexionscritiques sur l’Exposition de 1746.
Ces reflexions motivees et qui paraissent fort jus-tes blesserent les peintres de cette epoque, Boucher,Pierre Natoire et tout ce qui faisait partie de l’Aca-demie de Peinture et Sculpture qui pretendait jugersouverainement du merite des productions des artis-tes et n’admettait pas la possibilite d’une critiqueserieuse et eclairee de la part des personnes etran-geres ä la Corporation. Aussi l’on se vengea de de laFont par une caricature qui le representait en aveu-gle des Quinze-Vingts, avec le costume, la fleur delis, une plume et un papier ä la main portant :Lettres sur les tableaux du Salon; un chien en laissecompletait la caricature, qui fut gravee par Watelet.
UOmbre du grand Colbert , du meme auteur, fitalors beaucoup de bruit et donna lieu ä quelquesreparations et reformes utiles qui ont ete completeesdepuis. « G’est donc lui, dit un contemporain, qui acommence les comptes rendus des Salons qui enexcitant l’emulation des artistes ont forme le goütdu public, lequel juge et apprecie aujourd’hui leursproductions comme celles de la presse. »