XVIII
PREFACE.
Diderot est-il d’ailleurs le seul philosophe etM. Guizot le seul homme d’Etat qui ait ecrit un Sa-lon *? Non, certes. En 1822, M. A. Thiers debutait 4 sontour, au Constitutionnel, par des articles qui, fortremarques, furent aussitöt reunis en un volume ornede einq lithographies et aujourd’hui extremementrare. Le peintre Belloc passe pour avoir inspire ceSalon de M. Thiers 2 . Ge qui est certain, c’est que lefutur president de laRepubli que frangaise eut, commejournaliste, l’honneur de deviner Eugene Delacroixet de le louer des son debut. « Je ne sais quel souve.nir des grands artistes me saisit ä l’aspect de cetableau , dit-il en parlant de Dante et Virgile auxenfers; j’y retrouve cette puissance sauvage, ar-dente, mais naturelle, qui cede sans effort ä sonpropre entrainement. » G’est un titre que d’avoirsalue ainsi, le premier, un tel novateur.
M. de Keratry avait fait aussi un Salon, VAnnuairede l’ecole de peinture ou Lettres sur le Salon de 1819.(Chez Maradan, in-18, avee cinq estampes en taille-douce, Pygmalion et Galathee , de Girodet; un j Paysage,de Watelet; le Gustave Vasa, d’Hersent; le Chevaldu trompette, d’Horace Yernet; YAmour et Psyche,de Picot.) M. de Keratry est, dans ses jugements,
1. Le livre de M. Guizot a pour titre: De Vital des arts en Franceet du Salon de 1810, par Fr. Guizot (Paris, chez Maradan, 1 vol.in-8, 1810).
2. Salon de mit huit cent vingt-deux, par M. A. Thiers (Paris,chez Maradan, in-8, 1822). Les lithographies reprgsentent: la Vuedu cours de l’Indre, paysage par Watelet, Corinne au ca/p Misdne,par Gerard, le Soldat laboureur, par Vigneron, la Signatare d’unacte de mariage dans une sacristie, par Duval le Camus (sujet sihrillamment repris par le peintre Fortuny), et le Cmobite, de M. deForbin.