XX
PRfiFACE.
Ce sont lä les Salons que les bibliophiles ont classesa l’etat de raretes. Mais s’il fallait citer tous ceuxdes ecrivains contemporains qui ont ecrit sur lesBeaux-Arts, on aurait bien vite une liste composeede l’elite des poetes et des conteurs. Cela est si atti-rant, si tentant de rendre par la plume ce que lepeintre a voulu exprimer par le pinceau ! La critiqueartistique est si loin maintenant de ce qu’elle etaitau temps du docte Eraeric David ou de l’erudit vieil-lard qui s’appelait Etienne' Delecluze et parlait deDavid le peintre ou de Topino-Lebrun comme de sescontemporains! La critique fut vraiment renouvelee,rajeunie, revivifxee, lorsque de veritables peintres —coloristes ä la plume — comme Theophile Gautierou Paul de Saint-Victor s’attacherent ä prendre unePalette pour encrier et ä jeter de veritables tableauxä travers leurs feuilletons. Dejä Alfred de Müssetavait commence et, parlant de Leopold Robert dansson Salon de 1836 *, il s’efforgait de rendre, apres l’ar-tiste lui-meine, l’angoisse et la tristesse qui enve-loppent cette peinture qui sent le suicide, les Pecheursde l’Adriatique.
de garde turc, par Dacamps; Interieur d’une metairie, par Cabat;Saint Lambert et Mme d'Houdetot, par Gigoux; Vallee du Grisi-vandan, par Andr6 Giroux; Fragment d’un bas-relief, par Aug.Präault; un Vieil amateur de curiositds, par Roqueplan; Cromwell,d’A. Johannot; Jeanne la Folie, par Monvoisin; Enfants gardant dugibier, par Robert Fleury; Mort de Duguesclin, par Tony Johannot;Ärabes dans leur camp, par Horace Vernet; Portrait d’Elisa Mer-cceur, par Mlle Journet.
1. Voyez ses Milanges de litterature et de critique (1 vol., Cliar-pentier).
Un Salon d’une certaine rarete, c’est encore le Salon de 1839,dessins par les premiers artistes, texte par Laurent Jan, l'auteur deMüanthropie sans repentir.