PREFACE. XXI
Theophile Gautier etait deux fois peintre, et il leprouvaitdans ses improvisationsmerveilleuses oü lelecteur retrouvait ä la fois les paysages de Corot avecleur Charme indecis, les compositions de Delacroixavec leur puissant eclat, les figures ideales d’Ingresou les portraits d’Hippolyte Flandrin avec leurs re-gards profonds et leur physionomie songeuse. Char-les Baudelaire, dans ses Salons, et surtout MM. Juleset Edmond de Goncourt, qui ont debute ou ä peupres par un Salon, etaient de l’ecole descriptive deGautier. MM. Gh. Blanc, Theophile Thore (W. Bür-ger) qui combattit si vaillamment pour les nouveauxvenus, les Th. Rousseau, les Dupre, etaient d’uneautre ecole et serraient de plus pres la discussionesthetique. II en etait de memedeM. Vitet, autempsoü il s’occupait d’art, et MM. Ch. Clement, OlivierMerson, Jean Rousseau, aujourd’hui en Belgique,avaient garde cette tradition qui est peut-etre unebonne habitude. Mais quoi! aujourd’hui, chacun cri-tique comme chacun peint , ä sa guise. M. Ed. Aboutqualifie, en passant, et d’un trait, un tableau; M. Cas-tagnary lutte pour M. Courbet, et M. Zola va plusloin et pousse jusqu’ä Manet. Tout le monde suit levent qui le pousse, et de ce concours tres-contradic-toire d’opinions, de tant d’articles divers nait enfinla verite. Que de critiques en effet et que d’excellentscritiques! M. Ernest Chesneau, M. Pb . Burty, M. deLasteyrie, M. A. de laForge, M.Victor Cherbuliez, M. dePontmartin, abandonnent parfois les livres pour lestableaux, M. Ch. Yriarte, M. Maxime du Camp, M. V.Fournel, M. de Viel-Castel, M. Clement de Ris. Qui