XXVI
PREFACE.
plutot devores de la soif d’acquerir que secoues du de-sir de bien faire, et qui, dans leurs reves, entrevoientplus volontiers la porte de l’hötel des ventes que lesmarches du Pantheon. Je connais maintes excep-tions, il est vrai, mais la generalite, ä coup sür,tient plus au bruit que fait le marteau d’ivoire ducommissaire-priseur en tombant sur la table d’adju-dication qu’au son fantastique des trompettes fabu-leuses de la gloire. On devient pratique dans un telsiede. Parmi les peintres, les uns sont delicats et linscomme des marchands de dentelles, les autres tapa-geurs et hauts en eouleur comme des decorateursd’enseignes. Mais comptez ceux qui vivent face äface avec leur reve, l’oeil sur l’ideal, comme hier levieil Ingres, comme aujourd’hui ce sympathique etprofond Ch. Gleyre, l'admirable peintre des Romainspassant sous le joug ?
En depit de to.ut cependant, l’art francais, et jecomprends l’ecole beige sous cette qualification, estencore le grand art moderne et domine de toute sahauteurl’art etranger contemporain. G’est donc avecjoie et ä la gloire de nos peintres que jepublie ce livreoü l’on trouvera le tableau de ce premier Salon de laRepublique qui donne ä quelques-uns, au lendemaindes sinistres annees de 1870 et 1871, l’impressiond’un reveil, d’une renaissance, d’une floraisonnouvelle. J’y ai ajoute des Medaillons et des Portraitsde peintres dont les noms ne figuraient pas tousdans le tableau de notre art national en 1872. Uneetude complete sur Gavarni vient ensuite, et j’aireuni ä ces pages une lettre sur le Salon de 1864 qui