PRfiFACE.
XXIX
pointe d’epee que redoutait le monde, et nous feronsde grandes ceuvres, Vivantes et vraies.
La verite et la vie, ce sont la d’ailleurs les deuxdesiderata depuis que l’homme a appris ä petrir laterre ou ä peindre la toile, le pinceau ou l’ebauchoir.Sans tracer encore ce vieux mot de realisme qui n’estpasbien explique encore, depuis ces admirables pein-tres du quinzieme siede qui, dansleurs fresques, ce-lebraient et representaient Yhomme dans sa vigueuret sabeaute; depuis les Ghirlandajo, les Botticelli,les Masaccio, jusqu’au maitre de la vie absolue, Ye-lazquez, tous, meine les idealistes, n’ont-ils pointavidement cherche la verite, la manifestation de lavie ? Raphael n’etait-il point possede de cet ardentdesir de verite — d 'äpre verite , disait Stendhalapres Danton — lorsqu’il peignait la Messe du Saint-Sacrement, et ces gentilshommes agenouilles, si vi-vants qu’on les voit respirer dans leurs pourpoints?Titien, dans ses portraits, Veronese, jusque dans sesvastes decorations, ne sont-ils pas aussi possedes dudesir de faire vrai que Rembrandt ou Van der Heist?Bronzino cherche la verite autant que Franz Hals.On n’est un artiste absolu que lorsqu’on est sincere;et l’on n’est sincere que lorsqu’on aime le vrai sansmelange, sans affeterie et sans pose.
On nous trouvera donc severe pour tout ce quisentla decadence, les coups de pinceau ä La bolognaise ,les boucheriesäla Garrache, aussi bien que les mysti-cismes äl’Overbeck. Encore une fois,ce livre pourraits’appelerl’dn francais, et tout notre Programme tientdans ces deux mots. Ce qui est francais, c’estla fran-