146 PETNTRES ET SCULPTEURS CONTEMPORAINS.
ses coins de vicoli italiens, ä ses mendiants romainsaccroupis au soleil contre les murs de quelque palaisou sur les marclies de quelque eglise, il est alldjus-qu’en Arabie-Petree pour nous peindre les cheiksd’Akabah en marche ä travers le desert.
II est tout ä fait puissant, ce tableau, et les couleursvives des costutnes de ces Arabes, les jaunes, les rou-ges, les verts, s’dtalent crüment sur la toile pour for-mer, en depit de tout, une barmonie ardente, vigou-reuse. Ces dclatantes etoffes se ddtachent ainsi du fondgris ou d’un bleu violet des roches haules, nettementcoupees, qui forment comme une gorge aride, que lessept personnages en marche viennent de franchir. Lepaysage est magnifique, poudreux, ou plutöt pierreux,sans autre vegdtation qu’un päle liehen, et les ombresdes cheiks font tache sur ce sol, d’un ton blafard etaveuglant.
Le malheur du tableau, c’est que ces Arabes en mar-che n’avancent point. Ils ne marchent pas, ils posent.On doit reeonnaitre, il est vrai, que l’Arabe pose tou-jours et prend ä tout propos, naturellement, des atti-tudes sculpturales. Ils sont superbes, d’ailleurs, lescheiks de M. Bonnat, sur leurs chevaux nerveux, ouinettant les pieds nus sur le sable. Leur moukhala surl’dpaule, et se servant de leur arme comme d’une sortede balancier, ils semblent, les uns ct les autres,s’avan-cer sur le devanl de la toile comme des acteurs devantlarampe. On le disait fort justement derriere moi,c’est un septuor. Mais je veux ajouter bien vite quec’est un septuor admirablement agened et puissam-
Vincent de Paul prenant la place d'un galerien, Paysans napoli-tains devant le palais Farnese, ä Home (1866}; Mendiants romains;Cheiks en marche ä travers le desert, Femme d’Ustaritz (1872), etc.
M. Bonnat a obtenu en 1861 une medaille de deuxifeme classe,rappeMe en 1863, une medaille de deuxieme classe ä l’Expositionuniverselle de 1867 et la ntedaille d’honneur en 1869.
Il est Chevalier de la jtegion d’honneur depuis 1867.