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Peintres et sculpteurs contemporains / Jules Claretie
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LART FRANQAIS EN 1872.

tnent peint. Quelle Science et quelle vigueur de pin-ceau! Gomme M. Bonnat a su aviver par la banderoledes lances de ses cavaliers le fond ndcessaircmentblanchätre de son tablcau! On sentä ces menus detailsle coup dongic du maitre.

A ce tableau africain, je pröföre, et de beaucoup,le portrait que M. Bonnat expose sous ce titre: FemmedUstaritz (pays basque). Gest un chef-doeuvre. Lapeinture, certes, nest pas agrdable, et la foule nyprendra pas goüt autant quaux gravelures de M. Ed.de Beaumont, mais cela est solide, mdle et absolumentbeau. Cette vieille femme de son pays, M. L. Bonnatla peinte avee un soin et une vigueur infinis. Toutevötue de noir, sa vaste coiffe doublde de satin et ornöede dentelle, la paysanne sort de l6glise, dont on aper-goit la muraille grise; son corps tout entier est enve-loppe dun ample völement noir, assez semblable auxfailles flamandes; et de ces grands plis rigides, le vi-sage seul et les mains sortent dautant plus vivants,quelaspectquasi-religieux du personnage sembleplussombre.

Ge visage ridd, mais superbe, traitd avee autant devdrite quun Denner, et avee une bien autre puissance,apparait empreint dune ferveur qui donne ä cettepaysanne une incomparable majeste. Lcs paupieressont baiss6es commc dans un recueillement absolu;les mains, des mains parcheminees par Tage, tour-nent lentement un chapelet dargent de formebizarre.On se prend ä contempler cette calme et imposantevision. Le premier aspect, tres-saisissant, est triste, ettout ce noir, ce ton charbonneux repousse, mais lalumi^re donne un tel 6clat de vie k la courbe du nez,ä la ehair encore rose du visage, aux levres qui,muettes et closes, semblent pretes k se relever, apresla priere, par quelque bon sourire, quau bout dunmoment on est conquis. La bontö, cest en eff'et ce