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L’ART FRANC AIS EN 1872.
raier Signal de la bataille; ce blond officier interro-geant l’horizon avee l’ardeur impatiente et l’dmotiond’un amoureux h son premier rendez-vous, ces trou-piers rajustant leurs gudtres, inspectant leurs cartou-chieres, puis s’embrassant de si grand eceur, la jour-nee finie et bien flnie, car eile dtait gagnee? Parfoisaussi, M. Protais nous les montrait, ces soldats, revantau pays, dans quelque tranchde boueuse, ou expirant,seuls et abandonnes, l’oeil sur rinfini, au fond d’un fos-se, ou bien encore, il peignait les convalescents, lesblessds, revoyant, du haut du steamer, cette Francepour laquelle ils avaient combattu. Une pitid sincdre,une dmotion profonde animaient ces toiles, et don-naient ä ces peinturesune podsie militaire assez compa-rable au sentimentalisme qui se ddgage des Commen-taires de Paul de Moldnes.
M. Protais semblait s’dtre ainsi donnd pour tdchede faire hair la guerre, mais en faisant aimer le Sol-dat. Toutes ces souffrances, si tristement exprimdes,grandissaient ceux qui les supportaient si bien: toutcela dtait vu et bien vu, dtudid, non pas dans l’ate-lier, mais au bivouac ou dans le camp. On ne pourradcrire plus tard,sur les campagnes deCrimde ou d’Ita-lie, sans consulter les tableaux de Protais. Ce sont despages de la vie intime du troupier. Tous ne furent pasexposes. J’ai vu de lui, chez un ami, une toile dton-nante, reprdsentant deux squelettes de soldats russes,encore enveloppds de leurs capotes grises, le crdne de-
bat, Retour de la tranchee (1863); la Rin de la halte, Passage duitincio, un Enterrament en Crimee, les Vainqueurs, retour au camp(1865); Soldat Messe, Bivouac (1866 ); la Grand’ Ralle, la Pridredu soir & bord (1868); une Mare, Percement d’une route (1869); laSeparation (arm6e de Metz, 29 oclobre 1870); Prisonniers (environsde Metz, l"novembre 1870-1872); etc.
M. Protais a obtenu une troisieme medaille en 1863, deux jnedail-es, en 1864 et 1865, et la croix en 1865.