160 PEINTRES ET SCULPTEURS CONTEMPORAINS.
Qu’est-ce que cette scene de maquillage, ces ri-baudes de la rue Br6da, ces reitres d’op6ra-comique,ces costumes d’Albrecht Dürer sortant de l’atelier demascarade de Mme Delphine Baron 1 Une fillette nuechange prestement de chemise, derriere un dtendardde soie jaune avecl’aigle noir de l’empire germanique.Une autre montre au public une catnbrure de premiöredanseuse revötue du costume collant, et couverte dupourpoint ä creves des guerriers de Faust. Une vieillefemme, pareille ä la duegne de Goethe et la meilleureligure du tableau, tend ä une fillette un paquet decheveux d’un blond tendre qui sortent du magasin duperruquier ä la mode. Une fllle se vautre sur un tasd’armures. Suite d’une armee, dit M. de Beaumont. Etde quelle arm6e? Cette peinture lascive, cette gra-velure soyeuse, avec ses chignons, ses chairs, sesrondeurs, ses öpidermes d’ivoire, ses polissonneriesElegantes, reprdsente tout au plus une repölitiongenerale d’une opörette des Varietes au moment d’unchangement de costume. C’est l’art le plus affreux queje connaisse, ce petit art capiteux, senile, allöchant,döbauchd qui attire les curieux et repousse les Con-naisseurs. Et M. de Beaumont, qui a peint ce ciel griset brouillß, ces tons bleus de vetements, ces armures,a cependant des qualitßs habiles, trop habiles. Sescoquetteries tournent trop facilement au prurit, et ilaura m^ritö, apres avoir pu tHre une Sorte de Gavarnisöduisant, d’ötre appele le Gompte-Galix de la gra-velure.