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L’ART FRANQAIS EN 1872.
sculpture, la passion et le mouvement; mais, au lieude demeurer ee qu’on pourrait appeler un romantiquedu ciseau, il a poussö, avec une audace singulare etune sürete de main le plus souvent aamirable, jus-qu’au realisme absolu; il a suivi, sans les cri-tiquer lui-möme, les suggestions de son tempöra-ment. Gar il faut rendre ä M. Carpeaux une justice, iln’est point tel qu’il est par thdorie, par Contenance ouparpose, mais par nature, naivement et de pied encap.Ge n’est point pour crochetcr le succös comme on for-cerait une serrure qu’il a, par exemple, exdeute cegroupe tortillö de la Danse, qu’on fera passer bientötde la fagade de l’Opöra au foyer des danseuses; c’estparce que la nature niöme de son talent, sa fagon deconcevoir l’expression et la vie, le poussent ä cetteexagöration du mouvement.
M. Jean-Baptiste Carpeaux, jeune encore (il a qua-rante-cinq ans), apparait, avec sa physionomie, sesmoustaches militaires, comme un sous-ofücier faisantmötier de sculpteur. Il a l’air du monde le plus doux,le plus timide et le plus sympathique. Silencieux etsans pose, se tenant en son coin, il promöne sur lesobjets son ceil mäle qui voit en relief toutes choses. Ilmanie et tripote le plätre ou la cire avec cette vigueursouvent brutale, parce que ses nerl's et ses musclesl’empöchent de sculpter autrement, de comprendred’une autre fagon un groupe ou un buste. Quand ilröussit, nulle sculpture n’est supörieure ä la sienne.L’admirable Ugolin et ses enfants, qu’on peut voir, ceme semble, toujours, en bronze, au jardin des Tuile-ries, est un morceau d’une puissance et d’une önergieincontestables. Carpeaux a rendu cette souffrance hor-rible, surhumaine, dantesque, en un mot, du pere,avec la force de muscles que inettrait Barye ä exprimerla colere de quelque tigre, le miaulement affame dujaguar ou le rauquement du lion.
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