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L’ART FRANQAIS EN 1872.
coupole dorde des Invalides, Ies tours de Sainl-Sul-pice et de Notre-Dame. Les soldals, les uns coiffes ducasque ä ornements de euivre, les autres de la cas-quette, marchent avec leurs lourdes bottes boueuses.Leurs pipes de porcelaine pendent sur leur poitrine;les uns ont des accroche-eceur ridicules, d’autres delongues barbes rousses. Tous ces types, pris sur le vifpar M. Detaille, gardent Ia lourdeur germanique duPrussien en Campagne.
Deux soldats qui, le fusil Dreyse sur l’öpaule, tien-nent la töte du cortöge, se retournent pour contemplerune derniöre fois Paris. Les naseaux des chevaux fu-ment, et les bötes ont peine ä tirer ces attelages sur-chargös, oü Ton aperQoit, sous labclche, des tas bizarresd’objets de toutes sortes, meubles, tapis, traversins,rideaux, canapes, tout l’attirail du dömönagement etdu piliage. Des juifs sordides, un peu poussös ä la ca-ricature avec leurs carricks stupöfiants et leurs gantsverts, suivent ce cortöge de dötrousseurs. L’un d’euxmarchande ä un soldat un dessin encadrd, que celui-ci a döcroehö dans quelque villa.
Tous ces personnages sont peints avec une infiniepröcision, une curiositö et un soin extremes. Ils sontvrais, eux aussi, commedes photographies, mais bros-sds avec un art parfait. Le cocher et le juif, assis surle devant de la premiere voiture, ont d’inoubliablesphysionomies. 1
Ce tableau, ä coup sür, eüt öte fort remarque auSalon, et c’cst grand dommage pour M. Detaille qu’iln’y ait point figurö. Les Vhlans pülant une ferme 1 , deM. Ulmann, eussentaussi, quoiqueinförieurs, passion-nö le public; mais cette composilion, comtne la pre-
1. Ulmann (Benjamin), n6 ä Blotzeim (Alsace). Prix de Romeen 1859, M. Ulmann a obtenu une medaille de troisieme classe lameme annee, une mddaille en 1866 et une en 1812,
II a 6te decorö en 1872.