L’ART FRANQAIS EN 1872.
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MM. J. LEFEBVRE 1 ET HUMBEllT 2
On a dit avec raison que la pierre de touche du pein-tre, c’est le nu . Faire vivre, palpiter, respirer de lachair, lä est le triornphe absolu de l’art. Tel artistepeut chiflonner agrdablernent un satin blanc, draperun manteau de velours, peindre unpourpoint dutempsde Henri III ou un habit du temps de Louis XV, quine saura point catnper sur un tapis une femme nue eten faire une oeuvre artislique, superbe dans sa vdritd,chaste dans sa nuditd! II faut aussi bien encouragervaillaminent ceux des jeunes peintres qui, fideles ä lagrande tradition, ä cette tradilion qu’on ne peut rom-pre, en somme, sans appauvrir Thumanitd et sans seblesser soi-m6me, car on est toujours le bis de quel-qu’un, etudient et peignent le nu et recherchent lapurete des lignes en mörae temps que la palpilation etla vie dans le eorps humain represente sans voiles.
Ils sont cncore lä quelques jeunes peintres, dprisdecet art et de cette 6tude: M. Machard a la couleur unpeu vaporeuse, mais charmante; M. Lematte, dlegant,trop fluide; M. Blanchard, dont la Courtisane brune etdtrange regarde un petit serpent s’enrouler ä son brascomme un bijou; M. de Gironde, M. Luc-Olivier Mer-son, qui expose un excellent tableau, assez Strange,saint Edmond , roi et martyr; M. Ilurnbert, dont le lem-perament de coloriste semble s’affirmer; M. Jules Le-febvre et d’autres encore.
1. Lefebvre (Jules-Joseph), ne ä Tournan (Seine-et-Marne), dlevede M. LeonCogniet. Prix de Rome en 1861, il a 6t6 medaill6 en 1865,1868 et 1870. 11 est Chevalier dela Legion d’honneur depuis 1870.
2. Hcjmbert (Ferdinand), ne a Paris, 61eve de Picot et de MM, Ca-banel et Fromentin. Il a ete medaille en 1866, 1867 et 1869.