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L’ART FRANQAIS EN 1872.
sera longtemps encore. Lorsqu’il ne se contente pasde Yeffet et de Yimpression, lorsqu’il laisse ä son pin-ceau le temps de s’arröter devant un beau paysage,M. Daubignv nous donne vraiment de magistralesceuvres. Que de fois n’avons-nous pas dtd charme, parses soirs d’dtd, au bord de cette riviäre de l'Oise, dontil a fait sa riviöre ä lui? Quel calme! quelle majeste etquelle podsie! En revanche, comme M. Daubigny nousa souvent ddsillusionnd en nous prdsentant des ebau-ches, des dtudes hälives, et ce que j’appellerai destableaux cursifs.
Nos peintres, en general, et les paysagistes en par-ticulier, excellent ä ces tableaux-lä. Ils out une paletteriehe, de la couleur, de l’entrain, de la main ou,comme on dit, de la patte, et ils vont! Voilä une dtudeenlevde, une impression fixee sur la toile, un effetproduit. Voilä un tableau !
Mais non, ce n’est pas un tableau. C’est une chosecurieuse, bien brossde, alldchante, une lettre lestementtroussde, ce n’est pas une oeuvre, ce n’est pas un livre.Prenons par exemple le tableau que M. Daubigny ap-pelle le Tonnelier.
Dans un verger, ä deux pas de la ferme, prüs d’unfurnier oü picorent les poules, un tonnelier travaille.II est haut comme une poupde, ce tonnelier. II donneson nom au tableau, mais il n’est pas le tableau. G’estle ciel, puissamment brosse, le rideau d’arbres quigarnit la toile, ces arbres aux feuillages profonds quisont le tableau. L’cffet est trfes-remarquable, ä coupsur, mais il ne faut pas essayer de s’en rendre compte.Il faut en jouir, voilä tout. Que si l'on anaiyse l’oeuvre,on arrive ä lui trouver des däfauts dnormes. Ge soleilqui troue les feuilles des arbres fait littöralement tacheet 6clate dans ce cadre comme une pyrotechnie; cespoules sont ä peine indiquäes par un ou deux coupsde pinceau donnds de chic. Toute cette peinture est