239
L’AKT FRANC AIS EN 1872.
qui supportera sans desa van tage la comparaison avecles meilleures sculptures modernes. Et cependant cetteJeanne bcoutant ses voix , cette patriotique inspirbe, leregard au ciel, l’oreille tcndue aux öchos qui lui par-lent, me parait un peu trop aimable, et se rapprochebeaucoup plus, par exemple, d’une certaine JeanneDarc, peinte par Lbon Benouville, que de la Bonne Lo-* heraine des chroniques, la rüde guerriere qu’on seligure ardente et secouöe comme par la folie sublimedu patriotisme. En un mot, la Jeanne Darc de M. Gha-pu me semble un peu rbveuse, et l’on ne devineraitpoint en eile la resolution, l’appbtit du combat, si lesculpteur n’avait point admirablement roidi les brasrobustes de la jeune fille, ces bras si bien faits pourtenir l’btendard d’une main et de l’autre le glaive.
M. Ghapu n’expose pas seule cette jolie ligure : il aenvoye au Salon de 1872 un marbre qu’il avait, sijene me trompe, presente au public en 1866, mais enplälre. G’est la nymphe Glytie mbtamorphosbe en tour-nesol. L’artiste nous la montre allongbe, morte soussa premidre forme, et pressant sur sa poitrine ce brinde tournesol donl eile va prendre l’image. II est char-j mant, ce marbre, d’une elegance et d’une purete anti-
ques. M. Ghapu n’a point fait comme Pradier, sonpremier maitre, qui, partant pour l’Attique, s’arretaitau quartier Brdda. II a poussb plus loin, et, en vdritb,sa nymphe Glytie a la gräce m&me de l’dpisode desMetamorphoses d’Ovide qui l’a inspire. Ge corps ainsi’ etendu est d’une chastete ravissante, ce visage mou-
s rant, ces cheveux dbnoubs n’ont rien de trop drama-
tique et ne nuisent pas ä cette Sorte de majestb quetJ doit garder le marbre.
M. Ghapu remporta, dans la sculpture, le premierle prix de Rome en 1 S55 ; il n’a pas oublid que l’art qu’il
a a embrassö ne doit point ceder aux futilites inondai-
nes; et le succbs obtenu par ces deux morceaux du