250 PEINTRES ET SCULPTEURS CÖNTEMPORAINS.
colossal de saint Vincent de Paul et je buste de Col-bert. On se croirait, un moment, en les regardant,transporle, comrne Gulliver, dans le pays de Brohdin-gnac. Lasculpture gigantesque a besoin de perspectivepour n’ötre point deplaisante.
Le busle de M. Laurent-Pichat, par M. Elias Ro-bert 1 , est un portrait excellent. G’est hienlä i’hommeiui-meme. II vit, respire, et c’est quelque chose. G’estqueiquefois tout en matiere d’art.
Je vis, l’autre jour, aux Tuileries, sur la terrasse dubord de l’eau, un singuüer et charmant spectacle.Deux tout petits enfants, suivis de leur mere, «Raientarröt6s devant le lion de Barye, qui rugit en menaqantde ses dents un 6norme serpent python qu’il veutecraser de sa lourde patte, et qui darde sur lui sonregard et aiguise ses crocs. C’est une merveille depuissance que ce bronze, et sur le dos superbe dulion le poil semble se hörisser de fureur : les deux fe-rocites sont face ä face, celle qui bondit et celle quirampe. Quel homme que Barye! Or, chose curieuse, lapluie fait, dans les creux formds par les anneaux duserpent de petites cuvettes d’eau claire oü viennentboire les oiseaux, et les deux enfants que je regardais,jenant, riant, avides de curiositd, n'eurent point derepos qu’ils n’eussent obtenu de leur m&re que, lessoulevant l’un apres l’autre, eile mit leur tete blondedans la gueule ouverte du lion de bronze. — A moi!ä moi! disaient-ils sans cesse. Et ils s’accrochaient, deleurs petites mains, aux longues dents du lion deBarye. C’etait bizarre et charmant. L’ceuvre d’artrassurait les petits et leur donnait cependant la Sen-sation de quelque grand danger Jpravd.
rappeis en 1857 et 1859, 2' medaille en 1861, rappelen l863.Decoreen 1867.
1. Eleve de David d’Angers et de Pradier. Medaille da 3“ classe en1847. DAcord en 1858.