254 PEINTRES ET SCULPTEURS GONTEMPORAINS.
mes. N’est-ce pas la reprdsentation meine de la courd’Espagne que les tableaux de Velazquez? Le mus4ede Madrid en apprend plus sur l’6tiquette, la vie dtouf-fante, les eostumes et les coutumes de ces souverainscastillans, que les historiens et les faiseurs de md-moires.
Mignard et Largilliere ont, k leur tour, et avantVoltaire, dcrit le Siede de Louis XIV, et tous ces pein-tresdu dix-huitiömesiecle, avec leurs modeles poudrös,fardes, coquets, pimpants, souriants etimpertinentsnenous ont-ils point laissd une chronique de leur 6po-que qui vaut bien, ä coup sür, les travaux de Lemon-tey ? Ainsi, la peinture a trace une histoire pour lesyeux qui vaut bien celle des derivains. Louis XVI re-vait, dit-on, fort souvent devant ce beau portrait, sicavalier et si charmant, de Charles I er par Van Dyck.A notre tour, nous songeons, quand nous montons aumusde de Versailles, devant les traits de Louis XVI etceuxde Marie-Antoinette. Quelle page du Moniteur dela Revolution vaudra jamais, pour l’explication destempetes d’alors certaines toiles comme le Marat deDavid ? Et ce peintre terroriste, qui appelait broyer durouge, faire oeuvre d’exdcuteur, n’a-t-il pas ä jamaisreprdsentö, dans ses tableaux de courtisan, les pom-pes officielles, thdätrales et superbement ridicules,avec leurs chamarrures incroyables, des fdtes dupremier empire?
Je pourrais enutnerer ainsi tous ces portraitistes il-lustres, dont je prdtends faire des historiens, et j’ar-riverais jusqu’ä Ingres et Hippolyte Flandrin, dontles toiles, malgre leur införioritd relative, lorsqu’onles compare ä celles des aieux, ne sont pourtant pasindignes d’interesser, et pour toujours, l’avenir. Nos por-traitistes contemporains ont en effet garde une tenueet une valeur fort louables. Nous avons ddjä analysdles ceuvres de quelques-uns d’entre eux: le portrait de