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L’ART FRANCAIS EN 1872. 255
M. Thiers par Mlle Jacquemart, le portrait d’enfant deM. Henner, le portrait de femrae de M. J. Lefebvre, etles deux superbes portraits de M. Carolus Duran. Cher-chons encore ä travers les productions de cette der-niere annee, les portraits dignes de remarque et d’at-tentLon.
Ce nous sera, en möme temps, une occasion de faireobserver combien notre temps manque, en somme,de caracföre personnel, de relief et d’accent dans lesphysionomies. Pour ma part, je plains les peintresobligds de tirer une inspiration de certains visagescontemporains. Les musulinans ont une sainte hor-reur pour la reprösentation de la figure humaine:aussi, dans leurs monuments, riiomtne n’apparait-iljamais et fait-il place aux ornements, aux rinceaux,aux arabesques. On serait, en considdrant les physio-nomies qui nous entourent, tentd de dire que les rnu-sulmans ont raison. Nos peintres, apr&s tout, n’ontque plus de merite ä dögager de leur 6poque meinePart, la poesie latente, la vie qu’elle contient; et ilfaut juger le peintre, non sur la beautd de son modöle,mais sur la vigueur et le personnalisme de son exö-cution.
M, Charles Bonnegräce 1 est un dl&ve de Gros, et il aeonserve les saines qualites de facture des peintres dubon temps, qui ne sacrifiaient ni ä la mode, ni au ta-page. Sa couleur est bonne et solide, sans fracas. Onn’a pas oubliö, aux derniers Salons, ses portraits de
1. Bonnegrace (Adolphe-Charles), ne ä Tonion, le 2 avril 1812,41feve du baron Gros. Apres avoir d6butd par un Portrait au Salon de1834, il a expose parmi des Oeuvres de divers genres : la Femme dupöcheur priant Notre-Dame de la Garde , Saint-Pierre-aux-Liens(1839); le Christ au tombeau, laNuit chassie par Vaurore, la Visionde saint Jean (1842); le Baptime de Jesus-Christ par saini Jean,VExtase de saint Louis de Gonzague , Saint Laurent, martyr (1853);Jesus enfant parmi les doeteurs (1855); Antiope, Daphnis et Chloi,Pifferari (1857); saint Francois de Pauk, l’Amour et Psyche (1859);