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I/ART FRANCAIS EN 1872.
celui qui figure au Salon de cette annee, mais il estEvident que l’artiste a ete fort pröoccupö des FranzHals, qu’on voit a Haarlem, et des Yan der Heist dumusde d’Amsterdam. II a voulu, eomme eux, reunir,ä la fin dubanquet, un certain nombre de personnageset les reprdsenter autour de la nappe encombröe demets, dans leur attitude personnelle et habituelle.Malheureusement notre sot vetement noir ne s’arrangepoint dans une teile composition comme les öcharpes,les feutres, les etendards et les collerettes des dra-piers ou des syndics de Hollande. II faut du courage ä.l’artisle contemporain pour peindre un contemporainavec-son chapeau sur la töte. II se vengera aussitöt encoiffant le voisin d’un beret, mais le chapeau de formehaute n’en subsistera pas moins. II faut cependantlouer ceux qui entreprennent ainsi de reprdsenterla vie möme, la vie moderne, dans ses manifestationsjournalidres.
Je dirai, pour expliquer ce Coin de table de M. Fan-tin-la-Tour et pour Pddificalion des Saumaises futurs,qu’il s’ötait fondd, dans les derniers tempsdel’empire,dans un restaurant du Palais-Royal, un diner mensueloü se coudoyaient les poetes, lespeintres, les journalis-tes, et meme leshommes politiques. Ce diner s’appelaitle Diner des Vilains Bonshommes. On y depensait beau-coup de verve, de gaite, d’esprit, et meme de cordia-litd! C’est un coin de table de ce diner des VilainsBonshommes que M. Fantin-la-Tour a reprösentö. Je nedirai pas que le public Feüt devinö, ce n’estcertes pasvrai, et je vois ici plus d’une physionomie avenante.Un des convives habituels de ce repas ddcrit ainsi letableau dans une Pelite Anthologie du Salon :
On a pris le cafe... C’est l’heure de paresseOü, feignant d’ücouter l’un d’eux qui dit des vers,
Les fumeurs aocoudes, qu’un brouillard bleu caresse,
Regardcnt tournoyer leurs reves äu travers.