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L’ART FRANQAIS EN 1872.
ce grand tableau oü il groupe, en les dötachant sur unfond de tapisserie, Mme Harnby et Mme Hood. Cesdeux figures, l’unc assise, l’autre debout, nous laissentabsolument froid. On prendrait ce tableau pour uneoeuvre officielle, tant les personnages sont prösentdsavec une affectation de pose. Oü est le temps oüM. Giacomotti peignait cette Romaine endormie , sinoble, si belle, si vivante, avec la moiteur meine dela peau? M. Giacomotti, d’ailleurs, est toujours maitredans son art, et le Portrait de Mme M. 5., plus petit etmoins prbtentieux que celui des deux dames, le prouvebien assez. II est spirituel et fln, ce portrait. Mme B.,assise, vfitue d’un manteau noir ä ornements de jais,regarde, avec un joli sourire et le geste coquet duregard en dessous. La figure est eirange, piquante,avecson menton fendu par une fossette; le teint est vif, etM. Giacomotti a fait passer une intelligence, un virri-table eclair de vie dans cette physionomie qui attireet qui retient.
Mlle Eva Gonzales *, la fille de notre sympathiqueconfrbre, a exposü un portrait de jeune fille auqueleile donne ce titre : 1 ’lndolence. G’est une figure assise,une jeune fille vetue d’une robe d’un rose tendre, avecun fichu de gaze autour de la taille. Elle regarde de-vant eile, les prunelles reveuses.Sa mainlaisse tomberparesseusement un d61icieux bouquet de violettes, etrien n’est gracieux comme le dessin de ce bras lassö.Mlle Gonzaibs est eleve de M. Chaplin. On la pren-drait plutöticipourun 61bve deGoya.Ily a, dansl’ceuvrede ce maitre, des tableaux ainsi gracieux, doucementestompös, poöliquement fondus, comme celui-ci, dansune sorte de lumiöre d’un ton lilas. Cette charmanteIndolence est l’oeuvre d’un arliste d’un talent rare, quiprend ie pinceau aprüs avoir mani6 le pastel comme
1. Eleve de M. Chaplin. MM. Eva Gonzales a expos6 un Enfant detroupe, plusieurs pastels, etc.