276 PEINTB.ES ET SCULPTEURS CONTEMPORAINS.
rapprochent un peu plus de la gentillesse de ces fil-lettes. Elles sont assises dans deux bateaux accötös l’unä l’autre, et, tralnds par des nageurs dont le cräne etles chevenx apparaissent au-dessus de l’eau d’un bleuviolacd. Fort coquettes sous leurs parasols et vötues decouleurs charmantes, les Japonaises de M. Lenoir sontde fort agreables brünettes, mais point du tout lactöescomme les vraies Japonaises. Le paysage est doux et lesmouetles qui volent au-dessus de l’eau s’y dötachent,gracieusement legeres. Seulement, en toute franchise,sommes-nous bien sürs que ce soit lä vraiment lacouleur du Japon, et M. Lenoir n’a-t-il pas surtoutStudie cette scene sur les Images du pays des daimios 1M. Paul Lenoir a voyagö, cependant; il a, en Com-pagnie de M. Göröme et d’autres artistes charges de« bleu de cobalt et de collodion sec » fait dans lamoyenne Egypte un voyage qu’il raconte avec beau-coup de verve et d’esprit, dans son livre le Fayoum,le Sinai et Petra. Mais le Fayoum n’est point le Japon,et je doute que ce Bac japonais ait ete Gtudiö sur na-ture. Dans tous les cas, dans cette peinture de pa-ravent, les nageurs japonais produisent un singuliereffet, et paraissent dou6s d’une peau si verte qu’on lesprendrait pour des noyes. En sortant de l’eau on lesporterait ä la Morgue.
M. Adrien Marie 1 n’avait pas encore vu le Japonlorsqu’il a reprösentö la Mous'oumö d’un dai~myö. Maisil cherchait ä s’embarquer pour la contröe ofi s’61evele temple des Ginq-Cents gönies. M. Adrien Marie estl’auteur de ces deux compositions, rapidement deve-nues populaircs, qui reprfeentent le Pilori (les troisauteurs de la derniere guerre attacbes au poteau) et laMort chevauchant, comme un cavalier sinistre, derriereBismark et le roi Guillaume enveloppßs de suaires.M. Marie eüt pu trouver le succbs dans la peinture des
1. Elfcve de M. Pils.