280 PEINTRES ET SCCJLPTEURS CONTEMPORAINS.
est fine et spirituelle; celte vieille femme qui tond uncaniche, cet homrae armd de ciseaux, et qui fait latoilette du mulet, cet autre encore qui assure avec sonpicd la seile de spavterie d’une autre monture, cefond de ville espagnole, ees vieilles aux jupons jaunes,aux chäles verts, ! qui causentlä-bas au coin de la rue,ces types d’Andalous aux culottes de velours, bienplantes et fumanl leur papelito, tout cela est renduavec une vdritö, une vivacite et un esprit du diable.Ge qui manque c’est la lumiere crue, l’incendie aveu-glant du ciel de Grenade, ces blancs et ces bleus qu’onretrouve, audacieux et vrais, dans les tableaux deFortuny.
Fortuny d’ailleurs fera deole et peut-ötreune medio-cre dcole, et, en attendant, Zamacois, ce jeuue peintrequ’une phthisie laryngde a empörte si tot, nous alaissdde nombreux imitateurs.
Lesdeuxpetits tableaux de M. Hermengildo Daunas 1 2sont vrais au point de vue du costume, mais ils man-quent de la lumiöre crue de FEspagne. L’un d’euxreprdsente des grisettes et des toreros causant ensem-ble avant la course de taureaux. Le cirque dtale aufond ses gradins encore vides. Cela est curieux, maissans grand accent, et il faut ä M. Daunas un rayon desoleil.
Ge rayon, je le retrouve dans une toile de M. R. deLos Rios % reprösenlant un torero et une manolaen visite chez un peintre. Les couleurs sont crues, lemur est blanc, une jupe de soie jaune, un reflet d’ar-mures, un paysage pose sur le chevalet sont rendusavec un relief superbe. J’aime beaucoup encore, quoi-que un peu poussd ä la Charge, le tableau de M. En-rique Melida, une Messe de relevailles en Espagne. En-
1. El^ve de M. Cabanel.
2. Eleve de M. Pils.