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L’ART FRANgAlS.EN 1872.
« Je sais bien, M. Schlesinger est ne ä Prancfort-sur-le-Mein, M. Knaus nous est venu du Grand-duchdde Bade, et M. P. Heilbuth est Hambourgeois en atten-dant qu’il soit Prussien. Mais Henri Heine eüt-il aimdä figurer dans le groupe teuton, ou dans la sectiongauloise, et nos peintres du moins ne pouvaient-ilsrester neutres et se faire ouvrir unesallespßciale qu’oneut appelee la Salle des etrangersde Paris?.. »
Ainsi la rivalite entre l’Allernagne et la France dcla-tait dejä, en peinture, pour ainsi dire, trois ou quatreans avant la rdalitd. Nous serons peut-ätre corrigespar lä de nos ddfauts de cosmopolitisme et d’accueil äbras ouverts. Mais non, encore vaut-il mieux etredupe que röbarbatif et pecher par gdndrosild que parladrerie.
Toujours est-il que laPrance, avec ce Salon de 1872,qui n’dtait evidemment pas peuple de chefs-d’oeuvre,vient de ddmontrer une fois de plus sa vitalitd prodi-gieuse et l’dlasticitd ötonnante de son genie. Elle acomtne rebondi ddjä sous les coups qui l’ontfrappöe,et eile a pu, au lendemain de desastres sans nora,etaler une quantite considdrable d’ceuvres d’art, quiavaient leur intdröt propre etleur valeur.
Sans doute, on peut malheureusement conslatcrdans l’art. contemporain un affaissement singulier.Gomparfees aux ceuvres du passd, les oeuvres actuellestombent beaucoup trop dans la miniature. G’est ladilution des chefs-d’oeuvre d’autrefois que nous prä-sente aujourd’hui lY'Cole nouvelle, devenue en quel-que sorte homoeopathique, et on se rappelle avec uncertain effroi, en prdsence de ces succös minuscules,la parole de M. Stuart Mill:
« Le da'nger qui menace Pcspece humaine n’est plusl’exces, mais le manque d’impulsion et de goüts per-sonnels. » Mais, en rdfldchissant que l’art actuel n’esten somme qu’un art de transition, que les artistes ar-