352 PEINTRES ET SCULPTEURS CONTEMPORAINS.
char de l’Rcole de Rome au Garnaval, on voit, cou-vert d’une peau de tigre et s’amusant en enfant degönie qa’il ötait. Ses lettres ont des effusions, destrouvailles qui entrainent. La Charge s’y mele ä l’esthö-lique, le franc rire ä la melancolie. II parle de seschiens, Prim, Phcebe, de son valet Lagraine, avec destendresses charmantes.
Puis, il s’amuse tout en öcrivant, et ses öclats derire donnent plus de prix encore ä ses peintures tra-giques :
«Je suis enrhumd, dit-il dans une lettre inedite;je ne vais plus oser me präsenter dans le salon d’IIö-bert; je ne peux plus chanter : Ma vie a son secret,mon dme a son cl...\ j’ai une maladie de larynx (nepas confondre avec avoir des yeux de larynx ). » Et plusloin : « J’ai de jolis cheveux; pousse nouvelle, jarnaissouillöe par le fer, frisöe fm comme feu aslrakan. »Eh bien, que voulez-vous, ces plaisanteries sont vi-vantes et, pour moi, elles rendent plus sympatliiqueencore le soldat tombd en hdros. Ge n’est plus le mar-tyr qui parle, c’est Riquet, comme on l’avait surnom-me, et Riquet est charmant comme Regnault dtailbrave. Mais les proches de Regnault en ont jugd au-trement. On a rayd tous les traits pareils de la Corres-■pondance , et je crois qu’on a eu tort.
Voici, par exemple (sans coupures), des lettres deRegnault adressdes ä un ami, ä l’autcur de la Cruchecassee, et qui donnent le ton absolu de i’epistolier :
« Rome, ce 24 ou 25 juin.
« Mon eher Pessard,
« Bozour!! — Je vais beaucoup mieux. (II venait defaire um chute de cheval .) J’ai passe quarante heuresavec de la glace autour de la töte, et cela m’a conside-