Stüdes artistiques. 353
rablement rafralchi les idees. II m’est defendu de tra-vailler d’ici ä quelques jours. C’est comme un fait ex-pres : je n’ai jamais eu si envie de travailler. II m’estdöfendu de manger autre chose que deux potages etdeux oeufs ä la coque par jour; je n’ai jamais eu sifaim; j’avalerais le monde entier.
* Je me promfene un peu dans la ville; Prim est maseule distraction. Je m’embete. »
Gela est charmant, adorable et gamin, vraimentjeune, en un mot. Plus loin, Regnault dira, en vrai ra-pin, en parlant de camarades absents : Suce leur unml pour moi. On sent qu’il sait, ä l’atelier, plaisanteret rire aussi bien que inanier le fusil, et, — metromp6-je? — mais il me semble que sa physionomiey gagne. A ce möme ami, M. Emile Pessard, Re-gnault öcrivait encore la lettre inödite que voici et quiest tout h fait remarquable :
« Madrid, calle Cervantes, 30.
« Alors te voilä peintre! II ne me manque plus quede devenir inusicien pour que nous fassions deux cu-rieux pendants. Je n’en prends pas le chemin, bienqu’il yait ici,sous le rapport de la musique, des 6tudesbien interessantes ä faire et dont on pourrait tirer unparti enorme. On ne connalt pas la vraie musique es-pagnole. G’est bcau, d’une mßlancolie orientale quiremonte aux Arabes et que les Espagnols ont conser-v6e par tradition. Si tu pouvais entendre les chantsgitanes, les Polos, Seguidillas , Rondenas , etc., qui n’ontjamais etö Berits ni transcrits et qu’il est, je crois,presque impossible de transcrire sans altdrer leurcaractere propre. II y a peu de choses en musique quim’aient produit plus d’impression.
« On voit toujours l'Espagne sous un jour faux. Onvoit toujours Gastibelza avec sa carabine, son grandcliapeau, ou le danseur qui cambre sa taille et baisse