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fiTUDES AIlTISTIQUES.
sins oü le peintre du Champ de bataille de Sedan, EmileBayard, nous a montre, dans une antithese ä la foischarmante et navrante, tout ce que la guerre peutcontenir de douleur. En composant sori tableau deSedan, d’une allegorie saisissante — oü,lancant sa ca-lüche k travers le terrairt couvert de morts, Napo-leon III, fumant sa Cigarette, avait pour temoins etcomme pour juges, du fond de l’horizon, Napoleon I eret les grenadiers des grandes batailles, — l’artisteavait trac6, en meine temps que le plus violent desPamphlets, la page d’histoire la plus amdre et la plusvraie. Ici, dans ses deux dessins, 1870 et 1871, il nes’agit plus de la colere et de l’abattement de touteune armee, des maux gigantesques de la guerre; il nes’agit que de la souffrance des petifs et des ignords,des martyrs inconnus, des heureux d’hier dont uneballe stupide a fait les victimes d’aujourd’hui; il nes’agit que d’une famille qui souriait, espörait, aimait,d’une dpouse dont le combat a fait une veuve, etd’enfants devenus pensifs et tristes parce que l’en-nemi a egorgd leur pere.
1870. — G’est le printemps, ou plutöt c’est l’dterayonnant et beau, cet avant-dernier dtö oü l’espoirn’avait pas fui encore. Il fait bon, le ciel est bleu, onvoit lä-haut voler les hirondclles, poussant joyeuse-ment leurs petits cris alertes. Et tous deux, leurs en-fants courant dans le prd et criant comme les hiron-delles elles-mßmes, ils vont, eile et lui, les jeunes6poux, devisant d’amour et cueillaut des fleurs. Elleest charmante avec sa robe blanche, fröle, gracieuse,et s’appuie, d’un. mouvement d’une tendresse exquise,au bras qui la prot^ge. Sesyeux, dans un regard pleind’une reconnaissance loyale, plongent au fond desprunelles de son mari, comme pour y lire le secretd’une atfection qu’il ne lui cache pas cependant, etpour lui rdpdter silencieusemeut combien eile l’aime.