Stüdes artistiques. 367
e chercheur, ou plutöt ä la chapelle oü l’apprenti Che-valier faisait jadis sa veillöe d’armes.
La, dans cette atmosphere vraiment superieure,sous ce ciel italien, en presence de ces maitres quiresplendissent au Vatiean, ä la Sixtine, devantles Lo-ges de Raphaßl ou le Jugement de Michel-Ange, ouplutöt devant chaque seene, chaque groupe offert äl’observateur par cette vie de Rome, par le piqueur deboeufs qui passe, le mendiant qui dort, la Transtövö-rine qui va son chemin, fiere et droite comme unecanephore antique; devant tout ce musöe vivant placeä cötö du musöe mort, tout homme qui porte en luiquelque flamme idöale doit se sentir l’äine agrandiecomme les poumons et les yeux. Et, du moins, s’ilveut caresser lentement son röve, evoquer ä loisir sachimöre, s’il demande, pour devenir un maitre, ceque Balzac röclamait pour faire un chef-d’oeuvre : « lanicke et la pdtee piendaut un an, » l’öleve de Rome adevant lui le temps et le repos possible — ces deuxpröcieux collaborateurs qui manquent si souvent ätant de crealeurs I
Quant ä forger des hommes de gönie, nul enseigne-mentn'en a encore trouvö le moyen. Le gönie se formetout seul, ä vrai dire; mais ce qu’on peut cultiver,aider, röcompenser, encourager, c’est le talent. Eh 1sans doute, lorsqu’on parcourt ces salles ötroites etmal öclairöes de l’Ecole des beaux-arts, oü Fon acomme entassö les ceuvres .consommöes des anciensprix de Rome; lorsqu’on visite ces sortes d’ossuairesoü les tableaux sont superposös, du parquet au pla-fond, comme les cadavres dans les cimetiöres espa-gnols; lorsqu’on promöne ses yeux sur ces tötes dtstatues qui donnent la vague idöe d’un musöe de cri-minels cölebres, on se sent ddcourage, envahi par unetristesse sincöre, et Fon compte instinctivement com-bien d’espörances irröalisöes, de rßves tombes de haut,