ÖTUDES ARTISTIQUES. 371
quel livre saint esttiröe la legende du quatorzieme siedequele peintre met en scene; mais le prodige est, con-trairemerit aux prodiges ordinaires, assez clair pours’expliquer de lui-möme. Une sainte femme, agenouillöedevant un erucilix, prie, son livre d’heures ä la main,lorsque le Christ, s’animanl soudain, ölend vers la re-ligieusc sa main droite stiginatisee,labönit du haut desa croix. Eperdue, la femme est tomböe, en proie ädes convulsions effroyables, tandis qu’un trio d’angesaux ailes violettes et bleues et aux blanches togesapparait dans un nuage. 11 n’y a point d’ensembledans ce tableau d’un talent rare; les anges ont le tortde paraitre dcscendre d’une frise dans une gloire detheätre. Le Christ, avec ses fonds d’or byzantins, estbien dessinö et bien plante, mais la sainte extatique,les levres bleues, ressemble plutöt ä une morte qu’äune vivante. Les crispations de sa main gauche indi-quent une Sorte de növrose qui va tout ä l’heure con-finer ä la catalepsie. Un paysage dans le goüt desprimitifs sert de decor ä cette scene miraculeuse; maisil manque vraiment un peu trop de perspective. Quede dötails charmanls et peints d’un pinceau dölicat Iles pieds de la sainte entre autres et* la carnation desanges. Mais ces feeries catholiques, söduisantes chezMurillo, risquent malheureusement fort de paraitrefaire anachronisine aujourd’hui, en depit meine desprodiges contemporains et des miracies de Lourdes.M. Merson a bien assez de qualilcs solides, viriles, vi-vantes, Sans s’altarder ä ces mysticismes et ä ces exta-ses ä la fois mödicales et religieuses.
M. Lematte, eleve de premiere annöe, est reprösentedans les envois de 1872 par deux figures nues: unefigure d’liomme, trös-vigoureuse et tres-bien traitee,et une figure d’enfant qui s’arrache une dp ine du pied.Ce sont lä deux bons morceaux et tout ä fait dignesd’estime.