Stüdes artistiques. 375
II y a lä (Tailleurs une idöe, une recherche, et il n’estpoint mauvais, certes, de peindre les contemporainsdans ces situations communes de la vie de lous lesjours. Les Franz Hals et les Van der Heist represen-taient dans leurs repas de Corporation les bourgeoisflamands de leur 6poque; aujourd’hui, pour la ma-jeure partie des gens, les aventures et les grandesjournees sont choses inconnues, et il s’ensuit qu’unvoyage est une Sorte de gros 4v6nement ou plutötune occupation habituelle que le peintre est bien librede reprösenter comme illui plait. Le wagon capitonn6peut ainsi servir de fond au portrait de l’homme dudix-neuvifime sißcle, comme les lianaps et les vidreco-mes, les drapeaux et la nappe blanche servaient d’ac-cessoires aux drapiers et aux orfevres du dix-septiöme.Ce n’est donc point « Tarrangement » de sa peintureque je reprocherai ä M. James Tissot, mais c’est cetteeternelle tendance au pastiche qui lui fait imiterM. Millais ou Mulready aprös lui avoir fait imiter Leys.
M. Tissot semble montrer par läqu’il ne possede pointde tempörament particulier. Il s’6tait d’abord laisseattirer par les magistrales ötudes gothiques du peintreanversois, puis il avait desert6 Leys pour couriraux japonais, et le yoici qui laisse lä le Japon pourdenieurer ä Londres. Tel de ses tableaux qu’il appelleThames (la Tamise) est une 6tude fort curieuse et, siTon veut, fort jolie! Deux jeunesmisses, accoudees aubastingage d’un steamer, regardent devant eiles cetteforßt de mäts, de cordages, de tuyaux enormes qui sefond dans le brouillard du fleuve. Le capitaine du pa-quebot, assis, contemple ä son tour les deux jeunesfilles. Cela est tres-vrai, h coup sür, et les Stoffes kcarreaux blanc et noir, les lainagcs que portent lesdeux misses ont 616 peints ä la loupe et sortaient6videmment des fabriques de Leeds ou d’Huddersfield.Mais ce tableau d’une tonalitö grise et d’un fini horri-