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LES PLAIDEURS.
l’intimé.
11 n'est donc pas ici, mademoiselle ?
ISABELLE.
Non.
l'intimé.
L’exptoU, mademoiselle, est mis sous votre nom.
ISABELLE.
Monsieur, vous me prenez pour une autre, sansdoute :
Sans avoir de procès, je sais ce qu’il en coûte ;
Et si l’on n’aimoit pas à plaider plus que moi,Vos pareils pourroient bien chercher un autre em-ploi.
Adieu.
l'intimé.
Mais permettez...
ISABELLE.
Je ne veux rien permettre.l’intimé.
Ce n’est pas un exploit.
ISABELLE.
Chanson !l’intimé.
C’est une lettre.
ISABELLE.
Encor moins.
l intime.
Mais lisez.
ISABELLE.
Vous ne m’y tenez pas.l’intimé.
C’est de monsieur...
Adieu.
l’intimé.
Léandre.
ISABELLE.
C’est de monsieur...?
Parlez bas.
l’intimé.
Que diable ! on a bien de la peineA sc faire écouter : je suis tout hors d’haleine.
ISABELLE.
Ah! l'intimé, pardonne à mes sens étonnés;Donne.
l’intimé.
Vous me deviez fermer la porte au nez.
El qui t’auroit connu déguisé de la sorte ?
Mais donne.
l’intimé.
Auj gens de bien ou vrc-t-un votre porte?
' . ISABELLE.
Hé ! donne donc.
l'intimé.
La peste !
ISABELLE.
Ob ! ne donnez donc pas.Avec voire billet retournez sur vos pas.
l’intimé.
Tenez. Une autre fois ne soyez pas si prompte.
SCÈNE III.
CHICANEAÜ , ISABELLE , L’INTIMÉ.
CHICANEAü.
Oui, je suis donc un sot, un voleur, à son compte !
Un sergent s’est chargé de la remercier;
Et je lui vais servir un plat de mon métier.
Je serois bien fâché que ce fût à refaire,
Ni qu’elle m’envoyât assigner la première.
Mais un homme ici parle à ma fille ! Comment !
Elle Ht un billet J Ah I c’est de quelque amant.Approchons.
ISABELLE.
Tout de bon, ton maître est-il sincère?
Le croirai-je ?
l’intimé.
Il ne dort non plus que votre père.
( apercevant Chicaneau. )
Use tourmente; il vous.... fera voir aujourd’huiQue l’on ne gagne rien à plaider contre lui.
ISABELLE , apercevant Chicaneau.
C’est mon père J
( <1 l’intimé. )
Vraiment, vous leur pouvez apprendreQue si l’on nous poursuit, nous saurons nous défendre.( déchirant te billet. )
Tenez , voilà le cas qu’on fait de votre exploit.
CHICANEAU.
Comment ! c’est un exploit que ma fille lisoit 5 6 !
Ab ! tu seras un jour l’honneur de la famille :
Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, mafiLle 3e .
Va, je t’achèterai le Praticien francois.
Mais , diantre ! il ne faut pas déchirer les exploits.
ISABELLE , à l’intimé.
Au moins, diles-lcur bien que je ne les crains guère :Ils me feront plaisir : je les mets à pis faire.
CHICANEA1.
Hé ! ne te fâche point.
ISABELLE , « l’intimé.
Adieu, monsieur.
SCÈNE IV.
CHICANEAÜ, L’INTIME.
l’intimé, se mettant en état d’écrire.
Or ça ,
Verbalisons.
CHICANEAU.
Monsieur, de grâce , excusez-Ia :
Elle n’est pas instruite ; et puis, si bon vous semble ,En voici les morceaux que je vais mettre ensemble.l’intimé.
Non.
CHICANEAU.
Je le lirai bien.
l’intimé.
Je ne suis pas méchant :J’en ai sur moi copie.
CHICANEAU.
Ah ! le trait est touchant.