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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE II, SCÈNE XIIXIV.

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SCÈNE XII.

LA COMTESSE, LÉANDRE.

LA COMTESSE.

Misérable! il sen va lui prévenir lesprit :

[par le soupirail.)

Monsieur, ne croyez rien de tout ce quil vous dit :

Il na point de témoins ; cest un menteur.

LÉANDRE.

Madame,

Que leur contez-vous làPPeut-êtreilsromlenUâmc.

LA COMTESSE.

Il lui fera, monsieur, croire ce quil voudra.Souffrez que jentre.

LÉANDRE.

Oh non ! personne nentrera.

LA COMTESSE.

Je le vois bien , monsieur, le vin muscat opèreAussi bien sur le lils que sur lesprit du père.Patience , je vais protester comme il fautContre mousieur le juge et contre le quartauh

LÉANDRE.

Allez donc , et cessez de nous rompre la tête.

Que de fous! Je 11e fus jamais à telle fête.

SCÈNE XIII.

DANDIN, LÉANDRE, LINTIMÉ.

l'intimé.

Monsieur, courez-vous? Cest vous mettre endanger,

Et vous boitez tout bas.

DANDIN.

Je veux aller juger.LÉANDRE.

Comment, mon pèrel Allons, permettez quonvous pause ;

Vite, un chirurgien.

DANDIN.

Quil vienne à laudience.

LÉANDRE.

lié! mon père! arrêtez...

DANDIN.

Ob', je vois ce que cest:Tu prétends faire ici de moi ce quil te plaît ;

Tu ne gardes pour moi respect ni complaisance ;Je ne puis prononcer une seule sentence.

Achève, p rends ce sac , prends vile.

LÉANDRE.

! doucement,

Mon père. Il faut trouver quelque accommodemrnt.Si pour vous sans juger la vie est un supplice ,

Si vous êtes pyessé de rendre la justice ,

Il ne faut point sortir pour cela de chez vous :Exercez le talent, et jugez parmi nous.

DANDIN.

Ne raillons point ici de la magistrature :

Vois-iu ; je ne veux point être juge en peinture.

LÉANDRE.

Vous serez , au contraire , un juge sans appel,

El juge du civil comme du crimiuel.

Vous pourrez tous les jours tenir deux audiences:

Tout vous sera chez vous matière de sentences.

Un valet manque-t-il de rendre un verte net,Condamnez-le 4 4 à lamende, ou , sil le casse, aufouet.

DANDIN.

Cest quelque chose. Encor passe quand on raisonne.

Et mes vacations , qui les paiera? Personne ?

LÉANDRE.

Leurs gages vous tiendront lieu de nantissement 4 5 .

DANDIN.

Il parle , ce nie semble, assez pertinemment.lcandri:.

Contre un de vos voisins... 46

SCÈNE XIV.

DANDIN, LÉANDRE, LINTIMÉ,PETIT-JEAN.

PETIT-JEAN.

Arrête ! arrête ! attrape !léandre , à l intimé .

Ab! cest mon prisonnier, sans doute,qui séchappe.

lintimé. j

Non , non , ne craignez rien.

PETIT-JEAN.

Tout est perdu... Citron...

Votre chien... vient-bas de manger un chapon.

Rien nest sûr devant lui : ce quil trouve il l'emporte.

LÉANDRE,

Bon, voilà pour mon père une cause. Main-forteQuon se mette après lui. Courez tous.

DANDIN.

Point de bruit,

Tout doux. Ün amené sans scandale suflit * 7 .

LÉANDRE.

Çà, mon père, il faut faire un exemple authentique:

Jugez sévèrement ce voleur domestique.

DANDIN.

Mais je veux faire au moins la chose avec éclat.

. Il faut de part et d'autre avoir un avocat,

Nous 11en avons pas un.

LÉAXDRE.

bien ! il en faut faire.

Voilà voire portier et votre secrétaire ;

Vous en ferez , je trois, d'excellents avocats :

Ils sont fort ignorants.

lintimé.

Non pas, monsieur, non pas.Jendormirai monsieur tout aussi bien quun autre.

PETIT-JEAN.

Pour moi, je ne sais rien: nattendez rien du nôtre.

LÉANDRE.

C'est ta première cause , et Jou te la fera.

VET1T-JKAN.

Mais je ne sais pas lire.

LÉANDRE.

lié! Pou te soufflera 48 . |

DANDIN.

Allons nous préparer., messieurs, poîntd'intrigue.Fermons lœil aux présents, et loreÜlc à la brigue.

Vous, maître Petit Jean, serez le demandeur.

Vous, maître lintimé , soyez le défendeur.

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