U8 LES PLAIDEURS.
ACTE TROISIÈME.
SCÈNE I.
LÉANDRE, CniCANEAU, LE SOUFFLEUR.
ClIICÀNEAtr.
Oui, monsieur, c’est ainsi qu’ils ont conduit l’affaire.L'huissier m’est inconnu , comme le commissaire.
Je ne mens pas d’un mot.
lÉANDBE.
Oui, je crois lout cela ;Mais, si vous m’en croyez, tous les laisserez là.
En Tain vous prétendez les pousser l’un et l’autre ,Vous troublerez bien moins leur repos que le vôtre.Les irois quarts de vos Liens sont déjà dépensésA faire enfler des sacs l’un sur l’autre entassés ;
Et dans une poursuite à vous-même contraire 4s ...CUICANEAIT.
Vraiment, vous me donnez un conseil salutaire ;
El devant qu’il soit peu je veux en profiter:
Mais je vous prie au moins de bien solliciter.Puisque monsieur Dandiu va donner audience,
Je vais faire venir ma fille en diligence.
On peut l’interroger, elle est de bonne foi ;
El même elle saura mieux répondre que rnoi.
LÉINDRE.
Allez et revenez , l’on vous fera justice.
Le souffleur.
Quel homme!
SCÈNE II.
LÉANDRE, LE SOUFFLEUR.
LÉANDRE.
Je me sers d’un étrange artifice ;Mais mon père est un homme à se désespérer ;
Et d’une cause en l’air il le faut bien leurrer.D’ailleurs, j’ai mon dessein, et je veux qu’il condamneCe fou qui réduiL tout au pied de la chicane.
Mais voici tous nos gens qui marchent sur nos pas.
SCÈNE III.
DANDIN, LÉANDRE, L’INTIMÉ , ET PETIT-JEAN , en robe ; LE SOUFFLEUR.
DANDIN.
Çà, qu’êtes-vous ici ?
LÉANDRE.
Ce sont les avocats.dandin, au souffleur.
Vous?
LE SOUFFLKI'R.
Je viens secourir leur mémoire troublée.
DANDIN.
Je vous entends. Et vous?
LÉANDRE.
Moi? Je suis rassemblée.
DANDIN.
Commencez donc.
LE SOt! FF LEUR.
Messieurs.
PETIX-JJL4 3Î.
Oh ! prenez-le plus bas :
Si vous soufflez si haut, l’on ne m’entendra pas.Messieurs...
DANDIN.
Couvrez-vous.
PETIT-JEAN.
Oh5 mes...
DANDIN.
Couvrez-vous, vous dis-je.PETIT-JEAN.
Oh J monsieur ! je sais bien à quoi l’honneurm’oblige.
DANDIN.
Ne te couvre donc pas.
petxi-jean , se couvrant.
(au souffleur.)
Messieurs... Vous, doucement;Ce que je sais le mieux, c’est mon commencement.Messieurs, quand je regarde avec exactitudeL’inconstance du monde et sa vicissitude *,Lorsque je vois, parmi tant d’hommes différents,Pas une étoile fixe , et tant d’astres errants ;
Quand je vois les Césars, quand je vois leurfortunr,Quand je vois le soleil, et quand je vois la lune ;
(Babyloniens.)
Quand je vois les états des ffabiboniens.
(Persons.) (Macédoniens.)
Transférés des Serpents aux Nacédoniens :
{(îuiiiams.) (despotique.)
Quand je vois les Lorrains, de l’état dépotique ,
( démocratique.)
Passer au démocrite, et puis au monarchique ;Quand je vois le Japon...
l’cnthié.
Quand aura-t-il lout vu?PKTIX-JSAN.
Oh ! pourquoi celui-là m’a-t-il interrompu ?
Je ne dirai plus rien.
DANDIN.
Avocat incommode,
Que ne lui laissiez-vous finir sa période ?
Je suois sang et eau , pour voir si du Japon s0Il viendrait à bon port au fait de son chapon ;
El vous l’interrompez par uu discours frivole.Parlez donc, avocat.
PETIT-JEAN.
J’ai perdu la parole.
LÉANDRE.
Achève , Putit-Jean : c’est fort bien débuté.
Mais que font là tes bras pendants à ton côté ?
Te. voilà sur tes pieds droit comme une statue.Dégourdis-toi. Courage; allons, qu’on s’évertue.
petit-jean , remuant les bras.
Quand... je. vois... Quand... je vois...
LÉANDRE.
Dis donc ce que tu vois.
PETIT-JEAN.
Ob dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois.LE SOUFFLEUR.
On lit...