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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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U8 LES PLAIDEURS.

ACTE TROISIÈME.

SCÈNE I.

LÉANDRE, CniCANEAU, LE SOUFFLEUR.

ClIICÀNEAtr.

Oui, monsieur, cest ainsi quils ont conduit laffaire.L'huissier mest inconnu , comme le commissaire.

Je ne mens pas dun mot.

lÉANDBE.

Oui, je crois lout cela ;Mais, si vous men croyez, tous les laisserez.

En Tain vous prétendez les pousser lun et lautre ,Vous troublerez bien moins leur repos que le vôtre.Les irois quarts de vos Liens sont déjà dépensésA faire enfler des sacs lun sur lautre entassés ;

Et dans une poursuite à vous-même contraire 4s ...CUICANEAIT.

Vraiment, vous me donnez un conseil salutaire ;

El devant quil soit peu je veux en profiter:

Mais je vous prie au moins de bien solliciter.Puisque monsieur Dandiu va donner audience,

Je vais faire venir ma fille en diligence.

On peut linterroger, elle est de bonne foi ;

El même elle saura mieux répondre que rnoi.

LÉINDRE.

Allez et revenez , lon vous fera justice.

Le souffleur.

Quel homme!

SCÈNE II.

LÉANDRE, LE SOUFFLEUR.

LÉANDRE.

Je me sers dun étrange artifice ;Mais mon père est un homme à se désespérer ;

Et dune cause en lair il le faut bien leurrer.Dailleurs, jai mon dessein, et je veux quil condamneCe fou qui réduiL tout au pied de la chicane.

Mais voici tous nos gens qui marchent sur nos pas.

SCÈNE III.

DANDIN, LÉANDRE, LINTIMÉ , ET PETIT-JEAN , en robe ; LE SOUFFLEUR.

DANDIN.

Çà, quêtes-vous ici ?

LÉANDRE.

Ce sont les avocats.dandin, au souffleur.

Vous?

LE SOUFFLKI'R.

Je viens secourir leur mémoire troublée.

DANDIN.

Je vous entends. Et vous?

LÉANDRE.

Moi? Je suis rassemblée.

DANDIN.

Commencez donc.

LE SOt! FF LEUR.

Messieurs.

PETIX-JJL4.

Oh ! prenez-le plus bas :

Si vous soufflez si haut, lon ne mentendra pas.Messieurs...

DANDIN.

Couvrez-vous.

PETIT-JEAN.

Oh5 mes...

DANDIN.

Couvrez-vous, vous dis-je.PETIT-JEAN.

Oh J monsieur ! je sais bien à quoi lhonneurmoblige.

DANDIN.

Ne te couvre donc pas.

petxi-jean , se couvrant.

(au souffleur.)

Messieurs... Vous, doucement;Ce que je sais le mieux, cest mon commencement.Messieurs, quand je regarde avec exactitudeLinconstance du monde et sa vicissitude *,Lorsque je vois, parmi tant dhommes différents,Pas une étoile fixe , et tant dastres errants ;

Quand je vois les Césars, quand je vois leurfortunr,Quand je vois le soleil, et quand je vois la lune ;

(Babyloniens.)

Quand je vois les états des ffabiboniens.

(Persons.) (Macédoniens.)

Transférés des Serpents aux Nacédoniens :

{(îuiiiams.) (despotique.)

Quand je vois les Lorrains, de létat dépotique ,

( démocratique.)

Passer au démocrite, et puis au monarchique ;Quand je vois le Japon...

lcnthié.

Quand aura-t-il lout vu?PKTIX-JSAN.

Oh ! pourquoi celui- ma-t-il interrompu ?

Je ne dirai plus rien.

DANDIN.

Avocat incommode,

Que ne lui laissiez-vous finir sa période ?

Je suois sang et eau , pour voir si du Japon s0Il viendrait à bon port au fait de son chapon ;

El vous linterrompez par uu discours frivole.Parlez donc, avocat.

PETIT-JEAN.

Jai perdu la parole.

LÉANDRE.

Achève , Putit-Jean : cest fort bien débuté.

Mais que font tes bras pendants à ton côté ?

Te. voilà sur tes pieds droit comme une statue.Dégourdis-toi. Courage; allons, quon sévertue.

petit-jean , remuant les bras.

Quand... je. vois... Quand... je vois...

LÉANDRE.

Dis donc ce que tu vois.

PETIT-JEAN.

Ob dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois.LE SOUFFLEUR.

On lit...